Pour mieux comprendre

25/09/2008

Baromètre "Les Français, la santé et l'argent"

Les Français, la santé et l'argent 3e vague du baromètre réalisé par AG2R LA MONDIALE et l'institut de sondage LH2.

AG2R LA MONDIALE, acteur majeur de l'assurance santé en France (5e assureur santé au Top 30 de la santé - source argus de l'assurance juin 2008) a décidé de relancer, pour la 3e année consécutive, son étude sur "les Français, la santé et l'argent".

Dans cette perspective et face aux débats actuels concernant l'avenir du financement du système de santé, ce sondage AG2R Prévoyance - LH2, qui a été réalisé les 29-30 août derniers par téléphone auprès d'un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus*, confirme l'ancrage particulièrement profond de certaines valeurs et enregistre certaines évolutions significatives. Ainsi, il ressort de l'étude que :

  • la santé demeure un enjeu majeur pour les Français, largement prioritaire devant le reste ;
  • le système de soins français est toujours reconnu comme étant de bonne qualité, les Français témoignant d'ailleurs une confiance importante au corps médical (55% d'entre eux choisissent un professionnel de santé ou une structure médicale sur recommandation médicale contre 17% sur les conseils de son entourage) ;
  • en revanche, une réelle évolution se dessine sur le financement de ce système de soins.

La santé toujours au premier rang des priorités des Français

Comme lors des deux vagues précédentes, une bonne qualité de vie, c'est d'abord « vivre longtemps en bonne santé », pour 7 Français sur 10 (69%). Le bien-être matériel n'arrive qu'ensuite (52% déclarant qu'il s'agit d'abord "d'avoir des ressources financières"), puis le rythme de vie ("ne pas être stressé", 39%). Toutes les générations font de la santé leur priorité même si l'âge constitue un facteur clivant important. Ainsi, les 50 ans et plus sont les plus nombreux à placer la santé devant le reste (74% contre 55% des 25-34 ans).

On observe deux évolutions majeures par rapport à l'an dernier :

  • le recul des ressources financières comme critère prioritaire de la qualité de vie (52%, - 6 points) ;
  • le renforcement du temps pour soi (37%, +6). Ainsi, de manière paradoxale en cette période où le pouvoir d'achat fait figure de revendication numéro un dans l'opinion publique, la nécessité d'avoir du temps pour soi s'accroît au détriment des ressources financières. Face à la diminution de leur pouvoir d'achat, les Français revoient sans doute leurs priorités, de façon pragmatique.

L'importance de la santé est confirmée par la hiérarchie des préoccupations des Français de 18 à 65 ans pour leur vieillesse. Assez majoritairement (61%) et sans changement depuis l'an dernier, ils placent le fait de tomber gravement malade pouvant conduire à un état de dépendance comme étant la chose la plus préoccupante lorsqu'ils seront âgés. Les plus âgés (68% des 50-64 ans) sont encore plus sensibilisés à cette question que les plus jeunes (43% des 18-24 ans). Les craintes d'ordre financier ne sont citées que subsidiairement. Comme en 2007, 13% ont peur de ne pas disposer de moyens financiers pour se soigner tandis que 11% s'inquiètent pour leur niveau de revenu. L'isolement inquiète dans une moindre mesure (13%).

Les Français se dotent des marges de manœuvres financières nécessaires pour cette priorité puisque 55% considèrent que les dépenses de santé occupent une place importante dans l'ensemble de leurs dépenses quotidiennes, un chiffre en hausse de 5 points par rapport à mai 2007.
 

Le système de soins jugé performant mais en dégradation

Les Français pensent très largement que leur santé dépend d'abord d'une hygiène quotidienne plutôt que des moyens curatifs. 78% (88% des 18-24 ans) d'entre eux estime que c'est leur mode de vie qui influe principalement sur leur santé (+4 par rapport à 2007)contre 19% qui pensent qu'il s'agit de la médecine et de ses progrès (-5).
Concernant le système de soins, une très forte majorité (83%) des personnes interrogées estiment que sa qualité est meilleure en France que dans d'autres pays. Même si ce résultat est en légère baisse (-3 points), cette perception semble néanmoins solidement installée dans l'opinion.
Cependant, si toutes les catégories se montrent d'accord avec cette affirmation, on approche de l'unanimité chez les plus diplômés (90% des bac+4 ou plus) alors que les moins diplômés se montrent un peu plus nuancés (78% des titulaires d'un certificat d'étude primaire).

Les Français témoignent d'une grande confiance envers les recommandations de leur médecin. Ainsi, 55% d'entre eux écoutent avant tout l'avis de leur médecin pour choisir un professionnel de santé ou une structure médicale. Ils se déterminent en recherchant la qualité pour recevoir leurs soins plutôt que de privilégier la proximité (24%). On notera que les médias, qui publient pourtant régulièrement des classements sur les meilleurs établissements de santé, constituent un critère de choix pour seulement 2% des personnes interrogées.

Parallèlement à ce constat positif, une majorité des personnes interrogées estime que la qualité du système de soins a tendance à décliner. 63% des sondés jugent ainsi que la qualité du système de soins se détériore en France. Sur cette question, on constate que l'appartenance sociale ou le niveau de diplôme conditionne nettement les réponses. Les cadres restent très partagés sur cette affirmation (48% d'entre eux sont d'accord avec celle-ci) tandis que les employés se montrent beaucoup plus catégoriques (74%). La divergence de point de vue selon l'appartenance sociale provient vraisemblablement de leurs différences en termes de capacité financière.
 

La problématique du financement du système de soins

86% des personnes interrogées pensent que les dépenses de santé sont de moins en moins bien remboursées. Ce constat, déjà répandu les années précédentes, est en forte hausse (+7) et vient confirmer l'hypothèse selon laquelle la qualité du système de soins dépend des moyens de chacun et de l'accès au système.

Sur les moyens d'assurer le financement de ces dépenses, l'indécision grandit au fil des années. Alors qu'en 2006 près d'un Français sur deux (45%) se déclarait favorable à une hausse des cotisations sociales, cette solution n'est plus soutenue que par 35% d'entre eux. Cette baisse peut être mise en parallèle avec le discours actuel, le gouvernement ayant déclaré pendant l'été qu'il n'augmenterait pas les cotisations sociales. Néanmoins, aucune autre alternative tranchée ne semble se dessiner puisque :

  • 26% se prononcent en faveur de l'augmentation des cotisations de la complémentaire santé ;
  • 20% mentionnent l'accroissement de leur participation financière.

Dans le même temps, une personne sur cinq (19%) préfère ne pas se prononcer sur cette question. Ces résultats s'inscrivent dans un contexte dans lequel la Ministre de la Santé a annoncé (pendant l'été) que les mutuelles seraient mises à contribution pour financer le déficit de la Sécurité sociale.

L'entrée en vigueur des franchises médicales n'a pas entraîné de modification dans la consommation en matière de santé pour la très grande majorité des Français. En effet, la santé constitue une priorité et ils ne semblent pas prêts à réaliser des économies dans ce domaine. Néanmoins, 19% déclarent que les franchises ont eu une influence sur leur consommation. Ce cinquième de la population française est principalement constitué par des femmes (22%), des personnes âgées (25%), des employés (25% contre 7% des cadres) voir surtout par des personnes à faibles revenus : 31% des personnes gagnant entre 1000 et 1200 euros par mois contre 9% de celles disposant d'un salaire compris entre 3000 et 5000 euros.
 

Vers une évolution de la consommation des soins de santé

Enfin, l'un des révélateurs de l'évolution des mentalités réside dans la part croissante de Français qui se montre prête à dépenser plus pour bénéficier de soins spécifiques, plus éloignés des fondamentaux de la santé. Ainsi, ils sont de plus en plus nombreux à être éventuellement enclins à mettre de leur poche pour soigner des problèmes de vue (79%, +10), des problèmes dentaires (75%, +15) ou des problèmes d'audition (71%, +6). Si les Français n'ont pas de solution quant au financement du système de soins, ils semblent prendre acte d'un engagement moins important de l'Etat et se montrent prêts à dépenser davantage pour un certain nombre de dépenses essentielles mais non vitales. Aujourd'hui, 37% d'entre eux indiquent être prêt à dépenser davantage pour des médicaments de bien-être (vaccins, etc.).


* Méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, profession du chef de famille, région de résidence et catégorie d'agglomération de résidence.