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Un retraité sur cinq touche une pension de réversion

Un retraité sur cinq touche une pension de réversion

15 juillet 2019

Ce constat est un poids qui appelle le gouvernement à la prudence, alors qu'il s'apprête à dévoiler sa réforme des retraites.

La pension de réversion

 

En 2018, 170 660 assurés sociaux se sont vus attribuer une pension de réversion au régime général, soit 20,3 % des nouveaux droits ouverts l'an dernier. Depuis 2005, le flux de nouvelles réversions se maintient à un niveau élevé, systématiquement supérieur à 160 000 par an, montrent des statistiques publiées par la Caisse Nationale d'Assurance-Vieillesse (CNAV). La proportion totale de bénéficiaires de réversion dans le régime général s'élève aujourd'hui à 19,5 % - soit 2,8 millions de personnes.

 

Au régime de base des salariés du secteur privé, la réversion est placée sous conditions de ressources : pour y avoir droit, il ne faut pas toucher plus de 20 555 euros par an pour un célibataire, ou 32 880 euros pour un couple. Avec l'augmentation de la participation des femmes au marché du travail et l'amélioration des carrières, la réversion devrait s'éteindre petit à petit. Mais la transition est lente.

 

Un droit au maintien du niveau de vie

 

Le flux soutenu des réversions n'a pas toujours été aussi élevé par le passé, montre d'ailleurs la CNAV dans son étude. « Le nombre d'attributions de retraites de réversion était stable autour de 145 000 jusqu'en 2004 puis a augmenté à partir de 2005 », note-t-elle. La réforme des retraites de 2003 a en effet mis fin aux conditions de non-remariage, de durée du mariage et a supprimé les règles de cumul.

 

Le gouvernement avait même étendu la réversion aux veufs et veuves de moins de 55 ans, ce qui s'est immédiatement traduit par 20 000 liquidations supplémentaires. L'exécutif est revenu sur cette libéralité, avec pour effet une chute de 6 % des nouvelles réversions en 2010.

 

Alors que la perspective d'une éventuelle baisse des réversions a semé l'inquiétude dans l'opinion, Emmanuel Macron a promis l'année dernière une simple « harmonisation » des règles des différents régimes. L'équipe du haut-commissariat à la réforme des retraites planche sur la transformation de la réversion en une sorte de droit au maintien du niveau de vie. Plutôt que de toucher 54 % de la retraite de l'ex-conjoint (au régime général), le veuf ou la veuve aurait droit à 75 % du niveau de vie du couple avant le décès, et cela pour l'ensemble des régimes.

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