Culture Branches
Rencontre des branches de l'Économie sociale et solidaire Xavier Renault

Rencontre des branches de l'Économie sociale et solidaire

27 janvier 2020

Organisée le 4 décembre 2019 dans le cadre de Culture Branches, la rencontre des branches de l’Economie sociale et solidaire (ESS) restera comme un évènement fondateur.

 

 

Paroles d’experts et témoignages à l’appui, l’évènement a été l’occasion d’un tour d’horizon complet de ce secteur économique inventif, capable de répondre aux mutations du monde du travail et de la société dans son ensemble.


L’Economie Solidaire et Sociale se caractérise non seulement par son organisation construite autour de valeurs fédératrices, mais aussi par ses finalités, sa raison d’être et son objet social. Elle mobilise des structures, entreprises, associations et coopératives, qui concilient performance économique, impact social et environnemental. Les actions engagées dessinent les contours d’une économie véritablement au service de l’intérêt général.


Un pôle paritaire dédié à l’ESS


Déjà impliqué de manière forte dans ce secteur, la Sommitale d’AG2R LA MONDIALE a annoncé à cette occasion le lancement d’un pôle paritaire dédié à l’ESS. Les métiers du Groupe vont se mobiliser pour relever trois défis majeurs :

 

  • Affirmer la spécificité de l’ESS et la force de ses fondamentaux (innovation sociale, solidarité, autonomie, éco-activité…) en résonance avec les valeurs de l’époque.
  • Lui permettre d’atteindre un poids économique significatif pour élaborer des réponses à des besoins sociaux nouveaux ou mal satisfaits.
  • Renforcer son ancrage dans les territoires pour répondre aux besoins des populations et aux transformations sociétales à l’œuvre.

 

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De gauche à droite : David Giovannuzzi, André Renaudin et Philippe Da Costa

 

Les 4 points clés de la rencontre

 

1. Les organisations et entreprises de l’Économie sociale et solidaire se sont ouvertes à de nouveaux besoins de la société tout en conservant leur esprit pionnier d’origine. Exigence démocratique, croissance durable et solutions innovantes, elles répondent aux enjeux d’un monde en mutation et aux défis environnementaux.

 

2. Historiquement partie prenante de l’évolution du secteur, AG2R LA MONDIALE s’engage dans l’accompagnement, au plan national et régional, de nombreuses structures et entreprises d’Économie sociale et solidaire. Au-delà de la dimension partenariale, le Groupe et ses partenaires ont un double défi à relever : construire des alliances et procéder à un changement d’échelle.

 

3. Les rapprochements déjà engagés entre certaines structures de l’ESS montrent l’opportunité de créer des coalitions intra-branches ou interbranches pour gagner en visibilité et en lisibilité. AG2R LA MONDIALE a un rôle d’ensemblier à jouer dans le changement d’échelle.

 

4. L'Association sommitale AG2R LA MONDIALE annonce la création d’un pôle paritaire dédié à l’ESS. Tourné vers les branches et en articulation avec les entités concernées du Groupe, il a vocation à croiser les expériences et dégager des actions portant par exemple sur la Qualité de vie au travail.

 

 

Le secteur de l'ESS en chiffres

 

- 14% de l'emploi privé
- 11% du PIB
- 2,5 millions de salariés
- 16 branches dont 4 représentent 80% des emplois
- 75% d'associations

 

L'ESS au sein du Groupe

 

- 8 branches
- 200 M€ de cotisations en santé prévoyance
- 320 000 salariés couverts en santé prévoyance


 

André Renaudin, Directeur général d’AG2R LA MONDIALE

 "Élargir l’impact positif des structures de l’Économie sociale et solidaire à l’ensemble de la société" 

 

André_Renaudin_MG_0279.JPG« Au cours de ces douze dernières années, l'Économie sociale et solidaire s’est imposée comme un modèle à part entière, bouleversant les codes traditionnels. L’ESS propose une approche de l’économie soucieuse de ses responsabilités sociétales, du partage des richesses qu’elle produit et de la qualité des emplois qu’elle crée. Elle veille à l’implication des citoyens dans le pilotage des projets et participe activement au développement des territoires. »

 

« Malgré ce potentiel, l’ESS est encore insuffisamment reconnue comme un acteur majeur du développement économique et social. Les entreprises du secteur manquent de visibilité sur leurs perspectives économiques et de marges de manœuvres réelles. Il est temps de changer d’échelle et de donner les moyens à ces organisations à but non lucratif de consolider leurs modèles, de faciliter les coopérations et de renforcer leur capacité d’innovation. »

 

« La création par l’Association sommitale AG2R LA MONDIALE d’un pôle dédié à l’Économie sociale et solidaire va dans ce sens. Directement tourné vers les branches, il agira en articulation permanente avec les entités concernées du Groupe, notamment sur les territoires. Qualité de vie au travail, digitalisation, mobilités, santé et prévention…, avec ce pôle, notre Groupe entend répondre aux transformations à l’œuvre dans ce secteur et enrichir une offre innovante, porteuse de solidarité. »

 

« En créant un lieu et un temps de partage, propice au débat et au dialogue dans toutes ses composantes, ce nouveau pôle relève l’enjeu d'élargir l'impact positif de l'Économie sociale et solidaire à l'ensemble de la société. Et de faire de la recherche du bien commun la raison d’être et l’intérêt stratégique de ses structures et organisations. »

 

 

Philippe Da Costa, membre du Comité Exécutif AG2R LA MONDIALE en charge de la mise en place de pôle Économie solidaire et sociale

"Nous avons avec l’ESS un double défi à relever : celui des alliances à construire et du changement d’échelle" 

 

Philippe_Da_Costa_IMG_0039.JPG« Comme le dit très bien l’avis rendu par le Conseil économique social et environnemental européen, «l’Économie sociale et solidaire est à la fois une chance et un vecteur pour la participation et l’appropriation de notre avenir dans une perspective durable.» Même s’il manque encore de visibilité et de lisibilité, le secteur de l’ESS constitue un pilier incontournable pour la cohésion sociale et pour l’emploi. »

 

« Basée sur des principes de primauté de la personne et de l’objet social, cette économie animée par l’adhésion volontaire concilie les intérêts particuliers de ses membres avec l’intérêt collectif. L’ESS conjugue l’économie sociale et l’économie solidaire, deux grandes dynamiques qui puisent aux racines de nos organisations. Ces modes de coopération, de mutualisation et de développement économique se manifestent sur l’ensemble de nos territoires. »

 

« Les questions d’économie circulaire, d’agenda climatique, de mobilité, d’inclusion trouvent dans ces organisations des laboratoires d’expérimentation et des réponses concrètes aux défis auxquels nos territoires sont confrontés. L’ESS porte ainsi en elle la capacité d’influer en faveur d’une société plus inclusive, plus juste et solidaire, basée sur un développement durable et soutenable. »

 

« Au-delà de la dimension partenariale, nous avons un double défi à relever : celui des alliances à construire et du changement d’échelle. Les besoins qui s’expriment dans les structures de l’ESS rejoignent ceux des entreprises d’autres secteurs. Notre Groupe est particulièrement attentif à la façon d’aborder ces enjeux et à la demande plus forte qui s’exprime de la part de nos partenaires. »

 

 

L’engagement sociétal du Groupe

 

 

François-Marie Geslin, membre du Comité de direction Groupe en charge de l’engagement sociétal.

 

FM_Geslin_IMG_0063.JPG« L’engagement sociétal fait partie de l’ADN de notre Groupe. Il se traduit par des interventions déconcentrées sur les territoires et les terroirs via une identification efficace des acteurs associatifs et institutionnels, des partenariats solides avec les acteurs économiques et politiques locaux et une réponse donnée au plus près des besoins exprimés. »

 

« Marqueur fort de notre identité, cet engagement sociétal repose sur la coopération avec les différentes composantes de l’engagement sociétal (pour faire jouer les effets de levier).  Notre différence s’exprime aussi dans l’innovation (pour mieux répondre à des besoins sociétaux toujours plus complexes), dans des modes de financement complémentaires (pour sécuriser nos partenaires et investir dans des projets de plus grande ampleur) et dans des partenariats de confiance dans le cadre de coalitions. »

 

« Tels que nous les avons identifiés, les 4 objectifs de l’engagement sociétal sont : d’apporter des réponses aux besoins liés à l’environnement, aux fragilités sociales, à la préservation du lien social ; de piloter des projets sur certaines problématiques prioritaires ; de faire valoir les apports du mutualisme, du paritarisme et de la dimension marchande de nos activités et enfin, de donner du sens à l’ensemble de nos métiers et actions. »

 

« Au travers de la Fondation pour l’Autonomie et le Bien vivre ensemble et en lien avec les valeurs de solidarité et de performance, AG2R LA MONDIALE soutient des projets collectifs au service de l’intérêt général, de l’autonomie et du bien vivre ensemble tout au long de la vie. Depuis 2012, ses orientations prioritaires sont l’autonomie par l’éducation, l’autonomie par l’emploi et l’entreprenariat et la solidarité entre les générations. »

 

 

Louis-Médéric Vaujour, Directeur des activités sociales AG2R LA MONDIALE.

"Engagés en qualité d’ensembliers"

 

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« Afin de mieux cerner les partenariats, nous avons classés les enjeux liés à l’Économie sociale et solidaire en quatre grandes catégories :

. Soutenir le retour à l’emploi des plus fragiles,
. Soutenir les proches aidants, 
. Accompagner l’avancée en âge et en perte d’autonomie,
. Agir pour bien vieillir. »

 

« Les chiffres relatifs à ces thématiques sont éloquents :

. 11 millions de personnes accompagnent un proche en perte d’autonomie,
. en 2035, un tiers de la population aura plus de 60 ans,
. plus de 1,5 million de personnes sont en perte d’autonomie et en situation de fragilité,
. 6 sur les 2,5 millions de demandeurs d’emploi de longue durée 900 000 sont des seniors et plus de 480 000 sont en situation de handicap. »

 

« En termes d’action sociale, AG2R LA MONDIALE ne se contente pas de financer des projets mais apporte aussi sa contribution à des missions données. Parmi la multitude de partenariats mis en place, l’un en particulier concerne le digital au service du social. Conçu avec Simplon.co, le programme DIGIT'ESS, permet à des entreprises du secteur ou d’associations de trouver les ressources nécessaires pour mener à bien leur digitalisation. »

 

« Dans ce contexte où un projet ou une mission peuvent relever de plusieurs des quatre thématiques identifiées, AG2R LA MONDIALE peut jouer un rôle d’ensemblier, c’est-à-dire encourager et accompagner la création de coalitions transversales ou verticales pour mieux répondre aux besoins de la personne. »

 

 

Première table ronde : "Encourager la création de coalition"

 
À l'occasion d'une première table ronde, François Marty pour Chênelet, Jean-Michel Ricard pour Siel Bleu et Radoine Mebarki pour Tous Repreneurs reviennent sur l'opportunité de coalitions (intra ou interbranches) entre structures de l'ESS. Et le rôle d'ensemblier qu'AG2R LA MONDIALE peut jouer dans ce changement d'échelle.

De gauche à droite : Jean-Michel Ricard, André Renaudin, Radoine Mebarki, François-Marie Geslin, François Marty et Benoit Raviart

 

 

François Marty, Fondateur de Chênelet

 

François_Marty_IMG_0165.JPG« Chênelet est une entreprise apprenante qui propose depuis 35 ans des parcours d’insertion par l’activité économique dont 7 000 personnes ont pu bénéficier. Nos premières alliances entre structures se sont faites par des liens d’amitié, avec l’intuition que nos projets portaient une partie de la réponse aux projets de l’autre. »

 

« Nous pratiquions donc déjà un changement de taille, mais cela restait modeste. Quand j’ai rencontré mes interlocuteurs d’AG2R LA MONDIALE, j’ai découvert qu’ils pouvaient nous accompagner dans un véritable changement d’échelle. »

 

« Nous sommes des pousses, des signaux faibles mais aussi des modèles du monde de demain. En mettant en œuvre bien plus largement ce que nous inventons dans le cadre de l’ESS permet d’en devenir un acteur important. Il y a un fort potentiel dans l’alliance entre nos structures et AG2R LA MONDIALE. Trouver la bonne formule fait partie du projet à venir. »

 

 

Jean-Michel Ricard, co-fondateur du groupe associatif Siel Bleu

 

Jean-Michel_Ricard_IMG_0170.JPG« La mission du groupe associatif Siel Bleu consiste à accompagner des personnes en fragilité, âgées, en situation de handicap ou atteintes de lourdes pathologie, avec principalement un outil qui est l’activité physique adaptée. Un peu plus de 700 salariés en France s’occupent chaque semaine de 140 000 bénéficiaires. »

 


« Entre Siel Bleu et AG2R LA MONDIALE, l’histoire commencée il y a plus de 20 ans s’est traduite par de nombreuses actions aux niveaux national et local, des activités à domicile ou encore à destination des salariés dans l’entreprise. Grâce au fonds AGESICA, le programme Active a par exemple démontré à grande échelle qu’à la suite d’un cancer du sein, une activité physique permet de réduire le taux de récidive de 30 à 50 %. Et surtout que la vie reprenne la main sur la maladie. »

 


« Créer une alliance entre structures de l’ESS, c’est être côte à côte, se donner des coups de main et avoir des projets ensemble, s’adresser à des partenaires comme AG2R LA MONDIALE pour créer un écosystème bienveillant autour de soi. Nous nous sentons en confiance, en transparence, avec un facteur important non négociable qui est la non-lucrativité. »

 

 

Radoine Mebarki, Président fondateur de Tous Repreneurs

 

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« Tous Repreneurs aide des personnes en difficulté à définir un nouveau projet professionnel par le salariat, l’entreprenariat ou le repreneuriat. Sur 10 demandeurs d’emploi accompagnés, 2 reprennent des entreprises et 8 au total trouvent une sortie positive. »

 

« Travailler avec AG2R LA MONDIALE nous a permis de changer d’échelle.  De 10 personnes aidées, nous sommes passés à 100, puis à 1000, de la ville de Nancy au territoire lorrain, puis au Grand Est. L’alliance créée entre structures de l’ESS sur la thématique de l’emploi comporte trois objectifs : se rendre lisibles vis à vis des grands prescripteurs, réorienter les personnes vers une structure partenaire et, grâce à ce circuit fermé, ne laisser personne dans la nature. »

 

« Dans ce contexte, AG2R LA MONDIALE peut être un coffre-fort aux bonnes idées, c’est-à-dire mutualiser des données éparpillées et mettre du liant entre nous. Grâce à son agilité, le monde associatif a la capacité, sur des territoires démonstratifs, de tester des solutions d’aujourd’hui avec les règles de demain. »

 

 

Quelles actions de solidarité dans les branches professionnelles ?

 

David Giovannuzzi, Directeur des accords de branches d'AG2R LA MONDIALE

 

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« AG2R LA MONDIALE est un groupe atypique dans la qualité de la relation qu’il entretient avec les branches professionnelles. Dans les commissions paritaires nationales, les représentants des employeurs et des salariés co-construisent des régimes de protection sociale, non pas standards, mais adaptés aux besoins de la branche. »

 

« La vision à moyen et à long terme que donne un accord de branche permet aux partenaires sociaux d’imaginer de nouveaux mécanismes de solidarité durables et de piloter des régimes de protection sociale adaptés aux besoins propres de chaque branche. Avec le pôle de l’Économie sociale et solidaire, nous entendons être plus près encore des décideurs et des négociateurs de branches et créer un pilotage paritaire éclairé supplémentaire. »

 

« Une des prises de conscience majeures de ces dernières années porte sur la prévention et l’action sociale. Comment définir une bonne vision politique de gestion du risque et de prévention santé ? Comment rendre plus performant un fonds social de branche ? En premier lieu, en prévoyant son financement en amont et en le pilotant de façon paritaire avec le soutien d’expertises. En second lieu, en collectant les données dispersées afin de les rassembler et de proposer un diagnostic partagé. »

 

« Lancé par AG2R LA MONDIALE et financé par les commissions sociales du groupe, le programme « Branchez-vous Santé » est un exemple de plan de prévention adapté aux besoins collectifs des salariés et des associations. Il porte sur trois grandes problématiques de santé publique : le cancer, la santé bucco-dentaire et l’épuisement professionnel du chef d’entreprise ou du directeur d’association. Deux outils d'analyses innovent la santé publique et la santé au travail ainsi qu'une démarche de sensibilisation des jeunes à la prévention. C’est un socle sur lequel les branches peuvent venir appuyer leurs actions spécifiques. »

 

 

Deuxième table ronde : Lancement d’un pôle paritaire de l’ESS

Dans la perspective du lancement d’un pôle paritaire de l’ESS au sein de l'Association sommitale AG2R LA MONDIALE, 5 acteurs de branches réunis en table ronde font part de leurs observations et de leur expérience.

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De gauche à droite : Philippe Da Costa, Thierry d'Aboville, Alain Raoul, Sébastien Darrigrand, Claire Perrault, David Giovannuzzi, David Cluzeau, Christian Crétier, André Renaudin

 

 

Claire Perrault, Secrétaire générale adjointe en charge des relations sociales de la Fédération de l’aide à domicile (FNAAFP-CSF)

 

Claire_Perrault_IMG_0235.JPG« La branche professionnelle de l’aide, de l’accompagnement, des soins et des services à domicile représente plus de 5 000 structures et 220 000 salariés dont 97 % de femmes. 56 % de la population salariée ayant plus de 45 ans, son renouvellement est un enjeu crucial. Nous rencontrons des problèmes de recrutement liés à la difficulté de revaloriser les salaires mais aussi à la qualité de vie au travail et à la pénibilité dans cette branche dont le taux de sinistralité ATMP est trois fois supérieur à celui de la moyenne nationale. »

 

« Pour remédier à cette situation, la branche a équipé ses structures d’outils permettant d’élaborer des plans de prévention. Nous avons deux fonds sociaux, en prévoyance et en complémentaire santé, assortis d’aides individuelles et d’actions collectives pour les entreprises, notamment sur le transport et la prévention des risques. »

 

« Bien que riches de sens et au cœur du lien social, les métiers de l’aide à domicile souffrent d’un déficit d’attractivité. Je trouve intéressante l’idée de créer un lieu d’échanges, de partage et de prospective sur des enjeux transverses à l’ESS. Un tel Pôle pourrait nous permettre de croiser nos expériences avec d’autres branches et de dégager des axes d’action sur la qualité de vie au travail, sur les équipes autonomes ou le travail à temps partiel pour parvenir à un temps plein. »

 

 

Thierry d’Aboville, Secrétaire général de l’Union nationale de l’ADMR, association d’aide à la personne

 

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« En matière d’aide à la personne, l’offre existe, elle va même exploser dans les années à venir. La richesse de nos entreprises réside avant tout dans les femmes et les hommes qui y travaillent. Avec un salaire mensuel brut moyen de 1380 euros, les salariés de notre branche ont besoin d’accompagnement. »

 

« Une particularité de notre réseau est sa densité en milieu rural, dans des endroits reculés de montagne ou jusque sur des îles. Cette continuité de services pose la question de la mobilité. Les 94 500 salariés du réseau ADMR parcourent de 300 à 350 millions de kilomètres par an. L’obtention du permis de conduire et les 2 000 euros qu’il faut débourser pour le passer sont un sujet important en terme d'attractivité, de même que le risque routier. »

 

« Tout comme la Qualité de vie au travail, la problématique du logement est un autre sujet important qui peut être partagé au sein d’un Pôle ESS. Les modèles économiques qui régissent nos organisations, toutes différentes, se prêtent aussi à une réflexion commune. »

 

 

Témoignage : retour d'expérience du Pôle alimentaire

Christian Crétier, Président du Pôle alimentaire, Secrétaire général adjoint de la FGTA-FO

 

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« Au sein de notre Institution paritaire, le Pôle alimentaire fonctionne comme un laboratoire d’idées au service des branches de l’industrie alimentaire, de l’artisanat et de la grande distribution alimentaire qu’il représente. Soient 80 métiers, 31 accords collectifs professionnels et 115 000 entreprises adhérentes. »

 

« La méthode consiste à définir des chantiers d’action prioritaires sur des thématiques d’actualité comme les retraites, mutuelle, complémentaire santé ou prévoyance. Puis, en lien direct avec nos territoires, de mettre des outils à disposition des entreprises et de leurs salariés. »

 

« Dix engagements ont été pris comme « agir en prévention santé », « défendre le bien-être des retraités » ou « développer l’attractivité des métiers ». Tous ont leur importance, chacun mettant en évidence l’utilité du paritarisme et la richesse des travaux menés dans un autre cadre que celui de la négociation. »

 

 

David Cluzeau, Délégué général du Conseil national des employeurs d’avenir (CNEA) et Président de la commission des affaires sociales de l’UDES

 

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« Connaissant l’utilité du travail réalisé dans le cadre du Pôle alimentaire, j’ai tout de suite été séduit par l’idée d’un Pôle ESS qui peut être l’occasion de croiser les visions de différentes branches. Le CNEA agit dans les domaines de l’animation, de la jeunesse, du sport et du tourisme. Le logement des jeunes est effectivement un sujet fondamental qui concerne tout un ensemble de branches. On voit ici les interactions que nous pourrions développer. »

 

« L’ambition de ce pôle ESS rejoint la vision du CNEA en matière de santé et de protection sociale. Selon l’OMS, 80 % de tout ce qui permet d’être en bonne santé ne relève pas du soin, mais de l’accès à la culture, au fait d’être bien logé, d’avoir une vie sociale épanouie, autant de sujets qui renvoient à la qualité de vie globale. Nous croyons à des entreprises à but de citoyenneté, y compris en termes d’émancipation de la personne. »

 

« Comme l’écologie, la qualité de vie relève d’une problématique macro qui nécessite des macrodécisions au niveau national et à l’échelon d’une branche, mais aussi des micro-solutions avec des mobilisations à l’échelle locale, ce qui implique de casser les limites de la branche pour travailler entre branches sur des thématiques communes et que le dialogue social réinvestisse les territoires dans une dimension progressiste. Il y a là moyen de créer des effets de leviers pour intégrer toutes les nuances de nos activités et les spécificités des salariés dans les branches. »

 

 

Sébastien Darrigrand, Délégué général de l¹Union des employeurs de l’Économie sociale et solidaire (UDES)

 

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« Le regroupement des branches amène à s’interroger sur l’offre de service et la fidélisation des salariés. Passer de 215 à moins de 100 branches a des conséquences sur les négociations sociales à venir. Ces futurs rapprochements dont certains sont déjà à l’œuvre doivent mobiliser notre capacité à concevoir de nouveaux services dans une optique de mutualisation notamment sur la protection sociale. »

 

« Le second sujet concerne la révolution numérique. L’ANACT et AG2R LA MONDIALE accompagnent l’UDES dans la conception d’un outil permettant aux chefs d’entreprise de l’ESS de diagnostiquer l’impact du numérique sur l’organisation du travail. Nous travaillons sur ce sujet avec Didacthem afin de mettre en évidence la manière dont prévenir les risques professionnels liés à la digitalisation des emplois. »

 

«  L’attractivité des métiers, la promotion de l’emploi, le soutien l’innovation sociale, je retrouve dans le Pôle Alimentaire des thèmes en phase avec l’ambition d’un Pôle ESS. L’enjeu est de montrer en quoi l’innovation sociale est porteuse de réalités pour les entreprises que nous représentons et quel accompagnement nous pouvons définir sur les questions de mobilité, de logement de jeunes ou sur les conditions d’emploi, facteur d’attractivité vers un certain nombre de nos métiers. Je suis convaincu que ce laboratoire d’idées appliqué à l’ESS va permettre d’accompagner les mutations de notre secteur »

 

 

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