Culture Branches
Après l’arrêt sur image, quels scénarii pour l’économie, demain et après-demain ? Xavier Renauld

Après l’arrêt sur image, quels scénarii pour l’économie, demain et après-demain ?

20 septembre 2021
Par Briac Barthélémy

Pour son Happy hour de rentrée, Culture branches a donné le 16 septembre la parole à l’économiste Philippe Crevel, Directeur du Cercle de l'épargne, pour une réflexion sur l’après crise sanitaire : "Après l’arrêt sur image, quels scénarii pour l’économie, demain et après-demain ?"

Introduit par David Giovannuzzi, Directeur des accords de branches d'AG2R LA MONDIALE, Philippe Crevel était bien présent, dans l’auditorium de la rue de Bercy, pour un retour aux événements Culture branches sur site. Devant une assemblée limitée, jauge sanitaire oblige, l ’économiste a analysé la situation économique mondiale et souligné les tendances en cours et à venir. Avec un premier constat : l’après crise n’est ni l’enfer annoncé avec son lot de faillites et de chômage, ni l’avènement d’un nouveau monde débarrassé de ses anciens travers. La seule chose certaine est que, « face à une situation nouvelle, il faut faire preuve d’imagination et d’innovation. » 

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Un risque de surchauffe 

Revenant sur l’histoire des épidémies (peste européenne, choléra, grippe espagnole), vecteurs de changements économiques majeurs (ouverture au progrès, révolution industrielle, taylorisation), Philippe Crevel a livré quelques chiffres sur la conjoncture. L’économie mondiale a globalement retrouvé son niveau d’activité d’avant la crise sanitaire au prix, pour les États, d’un soutien budgétaire (et de déficits) sans précédent. La masse monétaire en circulation et les dépenses se sont à tel point envolées qu’une surchauffe est à craindre (risque d’inflation, pénurie de matières premières, difficultés de recrutement…). Elle devrait être néanmoins temporaire.

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L’assainissement des fonds publics 

Dans ce contexte, quelles politiques adopter ? Selon l’économiste, les institutions monétaires internationales privilégient un retour à la normale prudent, sans hausse des taux d’intérêt qui pourrait mettre à mal les dettes souveraines. L’assainissement des fonds publics est un impératif mais où faire des économies quand la retraite, la santé, la dépendance, l’éducation, la digitalisation ou la transition énergétique nécessitent des dépenses importantes ? Tandis que se profile l’apparition d’une monnaie digitale à l’échelle mondiale (et le cantonnement de la dette à la « vieille monnaie »), des scenarii jouant plus classiquement sur l’offre et la demande sont envisagés. 

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Que faire de la « cassette » Covid ?

 Du côté de l’offre, la France, leader en matière de création d’entreprises, dispose, selon Philippe Crevel, d’un « fort volant de création d’emplois et de baisse du chômage ». Avec 800 000 départs à la retraite, le marché de l’emploi est même en tension avec de forts besoins dans les services à la personne, l’informatique, le bâtiment et la transformation énergétique. La « gestion des effectifs et l’adaptation des outils de travail au vieillissement de la population » est un défi majeur. Du côté de la demande, que feront les Français, dont le pouvoir d’achat a augmenté, de l’épargne accumulée pendant la crise ? L’économiste estime que « les prix élevés de l’immobilier » constituent en France une « entrave à la croissance ». Il souligne également le « sentiment d’inégalité » lié à un « problème de répartition des richesses ». Il rappelle enfin le coût élevé de la transition énergétique devenue réglementaire et sa préférence pour une économie décarbonée plutôt que pour la décroissance. 

 

« L’enfer nous était promis avec un taux de chômage élevé et un nombre record de faillites. Pour le moment, ni l’un, ni l’autre ne sont au rendez-vous. Entre la crainte d’un stop and go en fonction du sac et ressac de l’épidémie et l’emballement par surchauffe, notre cœur balance. Au-delà de l’épidémie, la transition énergétique, la digitalisation et le vieillissement s’imposent de jour en jour avec une accélération que les acteurs économiques essaient de maîtriser. » 

 

Retrouvez la présentation de Philippe CREVEL

 

En fin de séance, les participants à l’Happy hour ont pu suivre un petit cours de mixologie dispensé par les barmen du Social Bar et déguster l’un des trois cocktails concoctés. 

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Les invités ont également pu profiter de l’exposition « Tenir » proposée par le collectifs d’artistes Premier Plan sur les combats des professionnels face au Covid. 

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Crédits photos : Xavier Renauld

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