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Retour de David Giovannuzzi sur le 12ème baromètre de l'absentéisme

Retour de David Giovannuzzi sur le 12ème baromètre de l'absentéisme

16 septembre 2020

AG2R LA MONDIALE est une entreprise à but non lucratif gérée paritairement par les représentants des salariés et des chefs d’entreprises. Assureur du monde de l’économie sociale, nous sommes extrêmement sensibles aux problématiques de l’absentéisme et de la présence des collaborateurs. Nous avons d’ailleurs développé la démarche « PréSenSe », afin de mieux prendre en charge ce sujet. Toutefois, en synthèse à la présentation du 12ème baromètre, il me semblait important d'alerter sur les conséquences économiques de ces arrêts de travail.

Pour la réalisation du baromètre nous fournissons à Ayming les fichiers qui concernent 45 000 entreprises et près de 2 millions de salariés. Cette étude se base donc sur une matière extrêmement dense car nous sommes, je pense, le premier assureur sur le maintien de salaire (loi de mensualisation 1978).
 

L’augmentation de l’absentéisme a pour conséquence économique l’augmentation des cotisations

 
En synthèse à la présentation du 12ème baromètre, je souhaiterai focaliser sur les conséquences économiques de ces arrêts de travail qui se traduisent par une augmentation des cotisations. 
 
1) L’absentéisme chez les jeunes coûte cher car il oblige à provisionner des arrêts de travail de plus longues durées.
Le premier élément qui nous alerte est l’augmentation de l’absentéisme chez les - de 40 ans (+34%) car cela signifie inéluctablement beaucoup plus de provisions dans les comptes.  L’absentéisme chez les jeunes a un impact économique démultiplié. En effet, plus le salarié est jeune, plus il reste potentiellement longtemps en arrêt de travail et plus il multiplie les provisions dans les comptes. Et que ce soit provisionné par l’entreprise ou l’assureur les conséquences sont les mêmes : à la fin ça coûte très cher ! De plus, les taux bas font que les provisions coûtent de plus en plus chères (moins de produits financiers conduit à élever le montant des provisions).
 
2) L’absentéisme chez les + de 40 ans est couteux car il se situe sur les plus hauts salaires en général.
Par ailleurs, pour les + de 40 ans, bien que l’écart se réduise avec les moins de 40 ans, le taux d’absentéisme continue toutefois de se dégrader (+9%). Cela a également un effet démultiplicateur sur les cotisations. La catégorie des plus de 40 ans correspond aux plus hauts salaires et à des arrêts longs. Là encore, ça coûte cher aux entreprises et donc aux salariés car les régimes de prévoyances sont généralement financés conjointement par les salariés et les entreprises.
Ces 2 indicateurs nous alertent sur une dérive économique potentiellement importante.
D’autant que, lorsqu’on analyse la démographie, on ne doit pas oublier que les diverses réformes réformes des retraites accélère le système. A la crise de la Covid s’ajoute une modification fondamentale de la pyramide des âges. La réforme des retraites qui décale à 62, et au-delà, le départ à la retraite engendre un phénomène d’usure mécanique lié à un vieillissement des salariés dans les entreprises. Il faut surveiller de plus près les + de 45 ans (voir des plus de 55 ans).
 
3) L’absentéisme chez les cadres participe également à augmenter potentiellement les cotisations car il correspond aux catégories de salaires les plus élevées.
Troisième élément important à relever : Les cadres ont également des arrêts qui se dégradent sur de durées plus longues ce qui alourdie encore potentiellement la charge économique sur les entreprises et les salariés. 
 

Les absents sont toutefois prêts à mettre en place des actions individuelles et à participer à des actions collectives pour diminuer l’absentéisme

 
Toutefois, malgré cela, près d’1 absent sur 2 estime qu’il aurait été possible d’empêcher les arrêts si des actions avaient été menées par l’entreprise et 72% des personnes en arrêt depuis plus de 3 mois pensent qu’elles auraient dû faire quelque chose elle-même (par exemple sur leur hygiène de vie,…). En tant que gestionnaire de risques auprès des entreprises et des branches, ces chiffres nous encouragent.
En résumé, en retirant ces points de repère du nouveau baromètre, il est possible de déterminer quelle doit être notre position en tant qu’assureur.
 

Les sujets de santé et le sentiment de se sentir protégé sont des nouveaux enjeux prioritaires

 
Au sein d’AG2R LA MONDIALE, nous avons choisi d’être aux côtés des branches professionnelles afin d’être en mesure de mutualiser plus largement. Par ailleurs, nous pensons qu’il faut concentrer notre attention sur les non-cadres pour permettre aux petites et moyennes entreprises d’accéder à un accompagnement de grande qualité.
Parmi les systèmes que nous avons mis en place depuis 10 ans, nous avons créé un « couteau de suisse » de la prévention avec notre programme « Branchez-vous santé ». C’est un programme national d’accompagnement des entreprises dans les branches sur les problématiques :
  • Du cancer, avec la lutte contre la récidive du cancer, et l’accompagnement des maladies chroniques ;
  • De l’épuisement professionnel des chefs d’entreprise des TPE/PME (catégorie de population trop souvent ignorée) ;
  • De l’hygiène bucco-dentaire, dont nous sommes particulièrement légitimes car nous sommes le financeur principal sur le poste dentaire (en tant qu’organisme complémentaire, nous finançons plus que la sécurité sociale) ;
  • De l’épidémiologie permanente avec « En quête de vie », dont le but est d’accompagner chaque salarié sur les thématiques de l’activité physique, la nutrition et le sommeil ;
  • De la gestion des risques professionnels 
C’est un enjeu important pour le groupe AG2R LA MONDIALE de se positionner sur les domaines délaissés par les grands acteurs, d’autant que, comme les sujets de santé montent en puissance, se sentir protégé devient une préoccupation capitale. Bien que nous ne puissions rien faire à la place des entreprises et des salariés, nous sommes convaincus que dans le contrat qui nous engage dans la protection sociale des personnes que nous assurons, une partie de notre mission est d’envoyer des messages forts pour contribuer à ce que nos assurés se sentent protégés.
 
 
 
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