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Tous centenaires

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6 juillet 2017

Organisée le 6 juillet 2017, la 17ème « Rencontre des Branches de
l’Alimentaire » s’est intéressée au vieillissement globale de la
population : un phénomène démographique qui pose nombre de
questions à l’entreprise, sur son rôle et sur celui de la Société
dans son ensemble.

Serge Guérin a raison de le rappeler avec une pointe d’humour : « la question de la place des centenaires dans l‘entreprise ne se pose pas encore... » Celle des seniors, parfois pointés du doigt pour « vieillissement précoce », est en revanche d’actualité. Evoquant un « apartheid générationnel », le sociologue en appelle au volontarisme des entreprises « pour mieux intégrer les plus jeunes et former les plus âgés de façon à les faire sortir par le haut. ». L’amélioration des conditions de travail doit aller de pair avec la reconnaissance et l’estime de soi. Le débat est posé. 


Une durée de vie sans limite


Philippe Dabat, Directeur général délégué AG2R LA MONDIALE, l’avait rappelé en préambule de la rencontre : « l’augmentation constatée de l’espérance de vie pose de nombreux défis sociaux, économiques et médicaux ». Or, il se trouve que personne n’a anticipé l’allongement de la durée de vie des adultes. 
Au début des années 80, les démographes pensaient les humains égaux face à la mort. Ils estimaient que la durée de vie avait une limite. Une théorie battue en brèche par la révolution de la longévité des adultes. « La durée de vie n’est pas inscrite dans les gènes, elle dépend du milieu dans lequel on vit », explique Jean-Marie Robine, Directeur de recherche à l’Inserm. 
Alors qu’on séparait la vie en trois âges, l’enfance, l’âge adulte et le 3ème âge, il est temps d’y inscrire un 4ème et peut être déjà un 5ème âge. En France, les centenaires étaient en 2016 au nombre de 21 000. Ils pourraient être 10 fois plus dans 50 ans... L’allongement des temps de vie a des conséquences pour la société, notamment quand la fragilité des personnes âgés se combine avec le réchauffement climatique et les risques de canicule. Les transitions, comme l’héritage et la circulation des  richesses sont ralenties. Les bras manquent, enfin, pour répondre aux besoins des personnes âgées dépendantes. Au point de devoir en appeler à l’immigration ou aux robots ? La question en tout cas est posée du rôle dévolu aux proches aidants, encore très souvent des femmes, et du soutien qui peut leur être apporté.

 

L’automatisation déjà partout


Parmi les risques inhérents à l’allongement de la durée de vie, Michel Hery, directeur de l’INRS, pointe celui de créer une société à plusieurs vitesses : un scenario dit « trois périodes pour l’emploi », d’abord en CDI de 30 ans à 50 ans, puis indépendant en mode polyactivité, et enfin à temps partiel… 
Un autre paramètre est à prendre en compte, c’est l’automatisation, déjà présente partout, y compris dans les services. Le logiciel est roi. « Le cercle vertueux serait de développer des machines d’assistance qui permettent de réduire les risques plutôt que d’effectuer elles-mêmes les tâches », préconise Michel Hery. 
L’apparition des exosquelettes et autre robot collaborant va dans ce sens. « Il ne s’agit pas de remplacer le geste mais de l’aider, de le soulager, explique Philippe Garrec, ingénieur, chercheur au CEA List. S’intéresser scientifiquement au geste manuel, c’est comprendre ce que fait la personne pour ne pas la gêner, supprimer la peine et faire ressortir le plaisir du travail manuel ».

 

Un regard nouveau sur la prise en charge


Après 50 ans, alors même qu’on entre dans la dernière étape de la vie professionnelle, comment composer au mieux avec ces changements ? Bernard Cassou, professeur honoraire de santé publique à l’Université de Versailles, propose de « réorganiser sa vie et ses activités pour arriver à un optimum du vieillissement réussi ». 
Au sein de l’entreprise, il s’agit « d’adapter l’organisation du travail à l’évolution de la santé des salariés ». Pour l’ancien praticien hospitalier, il s’agit aussi, individuellement, de maintenir les fonctions essentielles à la qualité de vie : visuelle, auditive, masticatoire (gencives), urinaire, locomotrice (pieds), et cognitive (les 5 sens). Ce qui suppose un regard nouveau sur la surveillance des personnes et la prise en charge des soins dans les complémentaires santés… 
« Le vieillissement de la population et ses conséquences peuvent donc très bien s’anticiper ». C’est le message que souhaite diffuser André Renaudin en conclusion. A condition de « faire jouer les solidarités intergénérationnelles et de combler les inégalités sociales de santé ». Pourquoi pas, avec l’aide des nouvelles technologies.

 

Les intervenants

 

  • Serge Guérin est sociologue, auteur de « Le Management des Seniors »
  • Jean-Marie Robine est directeur de recherche à l’Inserm, Directeur d’étude à l’EPHE et chercheur associé à l’Ined
  • Bernard Cassou est professeur honoraire de santé publique à l’Université de Versailles, ancien praticien hospitalier à l’APHP, chef de service du centre de gérontologie de l’hôpital Sainte-Périne.
  • Michel Hery, directeur de l’INRS.
  • Philippe Garrec est ingénieur, chercheur au CEA List (laboratoire de recherche, expert en cobotique, robotique collaborative, interaction homme/machine.
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