Le groupe

Entretien avec Brigitte Pisa, Présidente, et Bernard Vercoutre, Vice-président de l’Association sommitale AG2R LA MONDIALE

« Notre priorité est de continuer à assumer notre rôle au service de nos assurés avec humilité et pragmatisme. »

Entretien avec Brigitte Pisa, Présidente, et Bernard Vercoutre, Vice-président de l’Association sommitale AG2R LA MONDIALE

Notre pays fait face avec le Covid-19 à une crise sanitaire exceptionnelle dont nous ressentons déjà lourdement les conséquences sociales et économiques. Comment percevez-vous ce contexte inédit ?

 

Brigitte Pisa (B.P.) : Nous sommes, en effet, confrontés à une crise qui touche chacun de nous fortement, intimement même puisqu’elle remet en question jusqu’à nos façons de vivre. Au nom de notre corps social, nous adressons toutes nos pensées à celles et à ceux qui sont frappés par cette pandémie, personnellement et professionnellement. Cette crise, personne ne l’avait vu venir et nous devons l’aborder avec humilité et pragmatisme. Aucun acteur politique ou économique n’a les moyens – ni financiers ni humains – d’apporter un remède miracle ! Au-delà des annonces, toutes plus spectaculaires les unes que les autres, et dont les effets seront vite dissipés par la dure réalité des impacts de la crise, ce sont les comportements qui compteront dans la durée : la modestie, dans les attitudes comme dans les propos ; la solidarité envers les personnes et les entreprises les plus durement touchées ; enfin l’inventivité qu’il nous faudra déployer pour dépasser cette épreuve et repartir de l’avant.

 

Bernard Vercoutre (B.V.) : Je partage entièrement l’analyse de Brigitte. La réalité, notre réalité, est bouleversée pour longtemps et le retour au « monde d’avant », comme on l’appelle déjà, n’est pas pour demain. Les rapports humains évoluent significativement. Le lien social change, nos manières de communiquer, également, modifiant notre regard sur l’autre comme nos manières d’être et d’agir. Face à ces transformations, nous devons nous montrer à la fois lucides et vigilants : la distanciation sociale ne doit pas empêcher la cohésion sociale !

 

« Nous avons la maturité nécessaire pour prendre part, à notre échelle, aujourd’hui, à l’effort de solidarité nationale et, demain, à l’avenir de la protection sociale. »

 

Revenons à 2019. Que retenez-vous de cette année intense pour le Groupe ?

 

B. P. : 2019 restera pour nous une année paradoxale. Nous avons été confrontés à des choix difficiles et qui, en même temps, ont conforté notre vision de ce que notre Groupe est et doit absolument rester. Ce n’est pas un hasard si juste après notre séparation avec Matmut, nous avons lancé les travaux sur la formalisation de notre raison d’être, presque comme un retour aux sources. Nous avons ressenti le besoin d’exprimer ce qui fait notre spécificité dans notre métier, nos façons de penser et notre manière d'exercer notre rôle d'assureur.

 

B. V. : Face aux difficultés rencontrées, nous avons rassemblé nos forces, consolidé nos atouts et nous avons mis au clair ce que nous faisons – la protection sociale avec un prisme résolument solidaire – et ceux pour qui nous le faisons – nos assurés. Nous avons également renforcé notre solidité financière. Finalement, c’est une année qui a commencé difficilement et qui s’est bien terminée, grâce à l’engagement de tous, administrateurs et collaborateurs. Le chemin semé d’embûches parcouru en 2019 a encore renforcé notre Groupe. Le travail accompli et les résultats obtenus nous donnent, au-delà des seuls moyens financiers, la maturité nécessaire pour continuer à assurer nos missions et ainsi contribuer, à notre modeste échelle, à aider nos assurés face à l’épreuve. C’est ainsi que nous pouvons prendre part, aujourd’hui, à l’effort de solidarité nationale et, demain, à l’avenir de la protection sociale.

 

« Il nous faut construire un nouveau modèle social au service du bien commun, qui saura redonner toute leur place aux solidarités intermédiaires. »

 

La crise percute le modèle social français. Comment AG2R LA MONDIALE aborde-t-il cette remise en question ?

 

B. V. : Là encore avec humilité ! Notre ligne de force, à Brigitte et à moi, est, dans la lignée de celles et ceux qui nous ont précédés, d’assumer notre rôle dans le respect du mandat qui nous a été confié. Même si la réalité a changé, notre mission reste la même : protéger les personnes à toutes les étapes de la vie et elle s’avère aujourd’hui encore plus cruciale qu’hier ! Nous devons continuer à l’exercer du mieux que nous le pouvons tout en contribuant à réinventer le monde social de demain.

 

B. P. : Nous ne cherchons pas à ce qu’AG2R LA MONDIALE soit le premier de la classe de l’assurance. Notre priorité – parce que c’est là que nous sommes attendus – est d’être utiles à nos assurés. Je suis convaincue que c’est en continuant à être ce que nous sommes que nous irons de l’avant. La crise confirme que notre modèle de protection sociale, qui date de 1945, doit s'adapter aux réalités actuelles. Sur ce constat, il y a un large consensus. Il faut toutefois aller plus loin pour nous demander quels risques la collectivité est prête à prendre en charge de manière mutualisée. Le débat de place qui agite l’assurance sur la couverture de la perte d’exploitation comme la nécessaire réflexion sur la couverture du risque de pandémie traduisent ce questionnement. Si nous voulons collectivement être mieux protégés, nous devons prendre nos responsabilités, chacun à notre place. C’est facile à exprimer, plus difficile à faire accepter !

 

Quelle est votre priorité pour 2020, qui restera dans les mémoires comme une année d’épreuve et de transition ?

 

B. P. : Là encore, nous sommes confrontés à l’urgente nécessité de redéfinir un nouveau modèle social adapté aux risques du XXIe siècle. Un modèle au service du bien commun, qui saura redonner toute leur place aux solidarités intermédiaires, aux côtés de la solidarité nationale assurée par l’État. AG2R LA MONDIALE a tous les atouts pour jouer son rôle dans cette réinvention en parfaite cohérence avec sa raison d’être. En effet, c’est bien en renforçant les solidarités, professionnelles et intergénérationnelles, tout en sensibilisant chacun à la nécessité d’assumer sa responsabilité individuelle que nous donnerons à nos assurés les clés pour mieux se protéger tout en contribuant à renforcer le mieux vivre ensemble.

 

B. V. : Notre priorité est de panser le présent pour penser l'avenir. C’est en continuant à prendre la main sur demain que nous pourrons aider nos assurés à le faire. Loin des sirènes des solutions toutes faites, nous avançons pas à pas, en renforçant les partenariats stratégiques tissés par notre Groupe, pour apporter aux personnes, grâce à la diversification des risques, une protection toujours plus complète à l’épreuve des crises.

 

« Si nous voulons collectivement être mieux protégés, nous devons prendre nos responsabilités. »

 

2020 est la dernière année du mandat de votre Présidence paritaire. Quel est votre regard sur les quatre années bientôt écoulées ?

 

B. V. : Nous avons d’abord conscience, Brigitte et moi, que nous sommes de passage ! Notre rôle est d’assurer une continuité, de représenter des forces vives qui portent une vision de la protection sociale et d’incarner cette vision au plus près de nos assurés. Nous avons commencé notre Présidence paritaire en instaurant des déplacements réguliers – un par mois – dans les territoires du Groupe. C’était pour nous à la fois un acte fondateur de la manière dont nous voulions exercer notre mandat et une précieuse opportunité de confronter notre vision de la protection sociale aux réalités du terrain. Cette expérience nous aide à aborder l’avenir du Groupe avec pragmatisme. Très heureux d'avoir partagé la responsabilité de ce mandat avec Brigitte, je suis à maints égards satisfait du travail accompli ensemble.

 

B. P. : Il faut bien garder à l’esprit le fait qu’AG2R LA MONDIALE a une histoire singulière dans le monde de l'assurance. Né de l'union des deux mondes paritaire et mutualiste, il est le premier groupe à avoir réussi ce mariage. Cette particularité se ressent dans nos manières d’agir comme dans notre gouvernance. J’ajoute que Bernard et moi avons cherché à fédérer tout au long de notre mandat l'ensemble des sensibilités présentes au sein du Conseil d'administration. Campée sur ses deux jambes, patronale et salariale, cette Présidence paritaire unie porte la voix de tous les collèges et fait bloc. Cette unité est un gage d'équilibre et un socle pour donner une nouvelle impulsion à l'avenir de notre Groupe dans un environnement incertain.

 

 

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