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Protection de la personne : contexte et enjeux

Le premier confinement a installé durablement la téléconsultation et l’usage d’Internet dans les usages des Français en matière de soins. La pandémie a également remis la question du grand âge sur le devant de la scène et rappelé aux actifs, salariés ou non, que, loin d’être uniquement un coût, la prévoyance est un investissement face aux aléas de la vie.

Boom de la téléconsultation 


Paradoxe de la pandémie, alors que la santé était en 2020 au cœur de tous les débats et qu’elle occupe toujours la première place dans les priorités des Français, jamais la consommation de soins n’a été aussi faible. En raison de la fermeture des cabinets médicaux lors du premier confinement et de la saturation des hôpitaux, beaucoup ont renoncé aux soins ou les ont reportés. D’autres se sont tournés vers la téléconsultation, qui a connu une véritable envolée durant les deux premiers confinements. L’Assurance Maladie a ainsi remboursé près d’un million d’actes par semaine en avril 2020 et 500 000 en novembre. Si les chiffres sont retombés depuis, le pli est pris et la téléconsultation a vocation à s’ancrer durablement dans les habitudes des Français, tout comme l’usage d’Internet pour gérer leur santé au quotidien (applications, sites web, espaces clients…). 

 

Les complémentaires santé mises à contribution


Face à cette forte diminution de la consommation des soins de ville, le gouvernement a décidé de prélever une « taxe Covid-19 » sur les assureurs santé, dispensés de rembourser les téléconsultations et les tests de dépistage, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Fixée à 2,6 % des cotisations au titre de 2020 et à 1,3 % en 2021, cette taxe additionnelle devrait rapporter 1,5 milliard d’euros à l’État pour les deux années, gommant en très grande partie les économies réalisées par les assureurs santé sur les remboursements. Cette mesure s’ajoute à d’autres contraintes réglementaires : le déploiement au 1er janvier 2020 du panier 100 % santé en optique et en dentaire, ainsi que l’entrée en vigueur, au 1er décembre, de la résiliation infra-annuelle. Depuis cette date, les assurés peuvent mettre fin à leur contrat après un an de souscription, sans frais et à tout moment. Une disposition qui pourrait fragiliser davantage les mutuelles, toujours en proie à une concurrence exacerbée et à un fort mouvement de concentration. 

 

Regain d’intérêt pour l’assurance prévoyance


Si la situation sanitaire a provoqué une chute de la consommation de soins, elle a, à l’inverse, fait grimper en flèche le taux de sinistralité en prévoyance. Affectés par une perte de revenus consécutive à un arrêt de travail, au chômage partiel ou à une baisse d’activité, beaucoup d’actifs ont compris l’intérêt de posséder une assurance prévoyance couvrant ces risques. Les travailleurs non salariés (TNS) comme les chefs d’entreprise, fortement impactés par la crise, ont soudain pris conscience qu’une telle couverture n’était pas un coût supplémentaire, mais un investissement utile pour sécuriser leur avenir et celui de leur entreprise. Selon une étude* réalisée par l’Ifop pour AG2R LA MONDIALE, Le Cercle de l’Épargne et Amphitéa, ils sont 43 % à lui accorder plus d’importance qu’avant. De leur côté, 81 % des entreprises considèrent la prévoyance comme un facteur différenciant de leur politique de ressources humaines, susceptible d’attirer et de fidéliser les meilleurs talents. Un regain d’intérêt, motivé par un besoin croissant de protection des entreprises et des indépendants, dans un environnement de plus en plus en plus incertain : 60 % d’entre eux se disent ainsi plus inquiets pour l’avenir de leur activité, tout particulièrement en raison de la pandémie, citée en première position devant l’instabilité réglementaire et sociale et l’accélération des transformations du monde. 

 

2025, année du choc démographique 


À ces appréhensions s’ajoute celle de la dépendance qui préoccupe 53 % des Français, selon une seconde étude de l’Ifop**. Ce taux monte à 57 % chez les sexagénaires et atteint 70 % chez les plus de 70 ans. Ces deux dernières catégories représenteront 29 % de la population française en 2030 et 32 % en 2050. Ce véritable choc démographique attendu dès 2025 ira inévitablement de pair avec une augmentation des pathologies et un risque de perte d’autonomie accru, d’autant que l’espérance de vie en bonne santé en France est plus faible que dans d’autres pays d’Europe. 

 

Nouveau report d’une réforme sur le grand âge


La grande réforme sur la prise en charge du risque dépendance aurait dû voir le jour en 2020, avant que la pandémie ne bouleverse ce calendrier. Sur le principe, un nouveau risque et une cinquième branche « Autonomie » ont bel et bien été créés au sein de la Sécurité sociale par la Loi du 7 août 2020. Cette dernière prévoyait également qu’un rapport, confié à Laurent Vachey, inspecteur général des finances et ancien directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), présente des propositions sur le périmètre, la gouvernance et le financement de cette nouvelle branche. Remis au gouvernement le 15 septembre dernier, ce rapport n’a jamais été publié officiellement. Cependant, l’exécutif espère toujours présenter le projet de loi Grand Âge et Autonomie courant 2021, lorsque l’urgence sanitaire sera jugulée. En attendant, les premières mesures de la stratégie nationale de mobilisation et de soutien des aidants, dotée d’un budget de 400 millions d’euros pour la période 2020-2022, ont été déployées. Parmi elles, le congé de trois mois rémunéré par l’allocation journalière de proche aidant (AJPA), entré en vigueur le 1er octobre dernier. 

 


* Enquête réalisée du 15 septembre au 15 octobre 2020 auprès de 400 petites et moyennes entreprises (PME), très petites entreprises (TPE), entreprises de taille intermédiaire (ETI) et travailleurs non salariés (TNS).
** Enquête menée pour AG2R LA MONDIALE, Le Cercle de l’Épargne et Amphitéa les 8 et 9 septembre 2020 auprès de 1 003 personnes.
 

 

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