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Comment préserver les revenus dans un monde de taux bas durables ?

Après une année 2020 défavorable aux placements de long terme, les ménages ont réorienté une partie de leurs économies vers l’épargne retraite. Une dynamique vouée à se poursuivre si une réforme du système de retraite par répartition refait surface.

L’année 2021 a été celle du rebond pour l’épargne retraite après le creux de 2020. Cette année-là, malgré un taux d’épargne au plus haut, dopé par l’impossibilité de consommer en raison des confinements successifs, les ménages avaient privilégié les placements de court terme, liquides et sûrs comme les comptes courants, les livrets ou les fonds en euros de l’assurance vie.


Engouement pour le PER


En 2021, la reprise de la confiance aidant, ils se sont montrés moins frileux. Le Plan d’épargne retraite (PER) individuel issu de la Loi Pacte a largement profité de cette dynamique, même si celle-ci résulte en partie de la transformation d’anciens contrats. Les atouts du PER, notamment la déduction fiscale à l’entrée et l’élargissement des options et motifs de sortie, ont généré un engouement réel pour ce produit, chez les particuliers comme en entreprise. Ainsi, en lien avec Amphitéa, l’association des assurés du Groupe, nous avons transformé 85 % de nos contrats Madelin en PER individuels pour un encours de 4,8 milliards d’euros. Par ailleurs, deux-tiers des encours des contrats collectifs articles 83 ont été transformés en PER, ce qui nous a permis de renforcer notre solvabilité. Quant à l’assurance vie, elle reste le placement préféré des Français en volume, avec une collecte nette de près de 24 milliards d’euros, renouant ainsi avec son rythme d’avant pandémie. Autre fait notable : la part des unités de compte (UC) dans la collecte a atteint 39 %, un niveau inédit depuis vingt ans, et représente 54 % des encours des PER des assureurs. La tendance est encore plus marquée dans le Groupe, où le taux d’UC dépasse 52 % sur les 7,1 milliards d’euros de la collecte brute en épargne retraite, soit 13 points de plus que le marché.


Les épargnants privilégient la sécurité


Pour autant, ces évolutions restent à la marge. En effet, près des deux tiers du stock d’épargne demeurent placés en produits sécurisés. Comme le révèle le Baromètre 2021 de l’épargne et de l’investissement réalisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF), les Français sont encore 43 % à refuser tout risque sur leurs placements, même en sachant que la rémunération restera faible. Ce pourcentage est néanmoins en recul de sept points par rapport à 2020, preuve que l’appétence pour des actifs plus rémunérateurs gagne progressivement du terrain. Un phénomène à mettre en regard de l’inquiétude persistante d’une majorité
de Français sur le montant de leur future pension et la pérennité même du système de retraite par répartition. Victime collatérale de la pandémie, le projet de loi créant un système de retraite universelle a été abandonné, mais pas la nécessité d’une réforme. Une perspective généralement favorable à la retraite supplémentaire, dont les épargnants plébiscitent l’attractivité et la souplesse d’utilisation. En témoignent les 15 % à 20 % de nos assurés qui diffèrent sa liquidation au moment de leur retraite et la destinent à financer leur éventuelle perte d’autonomie.

 

 

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