Le groupe

Entretien avec Brigitte Bouquot, Présidente, et Brigitte Pisa, Vice-présidente de l’Association sommitale AG2R LA MONDIALE

« Entre le tout État et le tout marché, il existe une alternative éprouvée et crédible. Avec sa gestion paritaire et mutualiste, le GPS représente cette troisième voie. »

Entretien avec Brigitte Bouquot, Présidente, et Brigitte Pisa, Vice-présidente de l’Association sommitale AG2R LA MONDIALE
© Florence Brochoire

2021 a été marquée par un contexte pour le moins instable. Quel regard portez-vous sur les performances du Groupe ?

 

Brigitte Bouquot : En 2021 comme en 2020, le Groupe a démontré sa grande résilience : il affiche un bilan très satisfaisant dans un contexte qui n’était pas moins exigeant. Grâce à la reprise économique et au dynamisme de nos équipes, la retraite complémentaire et toutes nos activités assurantielles sont en forte croissance. Les résultats, également en progression, nous permettent à la fois de préserver nos fonds propres et d’améliorer notre solvabilité dans un environnement financier incertain. En même temps, d’importants efforts d’efficacité ont été engagés afin de mieux maîtriser nos équilibres techniques et financiers.

Il faut évidemment poursuivre nos efforts pour donner au Groupe les moyens de se transformer en assurant son développement. C’est la clé de sa solidité et de son indépendance. Surtout, cette performance nous a permis, tout au long d’une année encore impactée par la pandémie, de tenir la promesse attendue d’un groupe de protection sociale : soutenir et protéger
l’ensemble de ses bénéficiaires, entreprises comme particuliers.

 

Brigitte Pisa : Je rejoins tout à fait les propos de Brigitte. Comme elle, je retiens de cette longue période de covid-19 notre capacité collective à répondre présent aux côtés de celles et de ceux que nous protégeons. Confrontés à l’imprévu – à l’imprévisible même –, nous avons su être là. C’est simple à exprimer mais c’était pour le moins difficile à réaliser ! Nous n’y sommes parvenus qu’au prix d’une mobilisation exceptionnelle de notre corps social. Face aux épreuves, nos collaborateurs ont rivalisé d’énergie et d’esprit d’initiative pour que le Groupe ne souffre d’aucune rupture dans sa gestion et que nos bénéficiaires continuent à percevoir leurs revenus. Quant aux administrateurs, ils ont su s’adapter, souvent dans l’urgence, afin que nos instances puissent se tenir en toutes circonstances. La gouvernance du Groupe a donc bien fonctionné, aucun retard ou inertie n’a affecté nos décisions. Nous avons ainsi démontré que notre engagement au service des solidarités, au coeur de notre raison d’être, n’est pas une simple promesse : il nous engage et nous oblige ! Outre la résilience qu’évoquait Brigitte, j’ajouterai que notre groupe paritaire de protection sociale a su démontrer une remarquable plasticité.


Quelles leçons tirez-vous des deux ans de crise sanitaire que nous venons de traverser ?

 

Brigitte Pisa : Le principal enseignement que je retiens de cette période éprouvante, c’est qu’elle a conforté le rôle essentiel que jouent les partenaires sociaux : nourris de leur connaissance du monde du travail comme de leur expérience de la réalité, ils ont toute légitimité pour représenter les bénéficiaires dont ils portent la voix. Grâce à cet atout majeur, nous saurons être là où nous attendent celles et ceux qui comptent sur nous. La manière dont nous avons su « enjamber » les difficultés causées par la crise ces deux dernières années démontre notre solidité et nous donne l’élan nécessaire pour construire un avenir adapté à un monde qui bouge. Il nous revient désormais de transformer les mesures ponctuelles en opportunités durables.


Brigitte Bouquot : Pour ma part, cette crise, qui a encore accentué la dégradation des équilibres techniques, notamment en prévoyance santé, a confirmé ce que nous pressentions : la difficulté grandissante à concilier les mécanismes d’assurance avec la nature même des risques, devenus systémiques. Dans un monde où nous sommes tous interdépendants, le risque humain constitue un défi stratégique pour nos sociétés développées. Nous l’avons bien vu pendant ces deux dernières années : la protection de la vie humaine commande l’économie ; elle est, de plus, étroitement corrélée aux enjeux environnementaux, et demain, numériques. Ce constat appelle, de la part de tous ceux qui sont en responsabilité, une approche globale du risque pour mieux le partager entre les différents acteurs du système et pour répartir sa charge de façon équilibrée entre les générations.

 

Au regard des grands défis qui se profilent sur les plans démographique, sanitaire, social et écologique, le modèle des groupes de protection sociale doit-il selon vous évoluer et dans quelle voie ?

 

Brigitte Bouquot : Entre le « tout État » et le « tout marché », il existe une alternative éprouvée et crédible. Le GPS, avec sa gestion paritaire et mutualiste, représente cette troisième voie. À l’heure où la fracture sociale, jamais résorbée et toujours sous-jacente, fragilise la démocratie, le modèle de groupe de protection sociale a plus que jamais un rôle essentiel à jouer.

En effet, sa gouvernance repose sur les forces vives de l’économie, c’est-à-dire les partenaires sociaux au sein des entreprises et des branches professionnelles. Dans notre cas, il s’appuie aussi sur un fort pôle assurantiel mutualiste. Paritarisme et mutualisme sont issus de deux cultures différentes, mais partagent les mêmes valeurs telles qu’elles sont exprimées par notre raison d’être. En charge de la gestion de la retraite complémentaire, seul le GPS est capable de coupler des services de prévention et des solutions financières d’assurance pour tous, de « bout en bout » et durablement. Il apparaît donc comme le modèle le plus à même de porter une juste transition sociale et écologique pour tous, voire, demain, d’élargir son objet social aux nouveaux risques. À cet égard, notre Groupe a une légitimité qui le distingue des autres assureurs. Cela fait plus de vingt ans, en effet, qu’en parallèle de son soutien aux salariés, il contribue au financement de la transition écologique des entreprises, à travers son rôle d’investisseur institutionnel. C’est pourquoi il relève désormais de la responsabilité de tous de consolider notre modèle pour l’adapter aux enjeux futurs et de le défendre comme un élément fondateur du renouveau de la démocratie sociale.


Brigitte Pisa : Face au risque humain devenu systémique et à l’heure où les règles de gouvernance des groupes paritaires de protection sociale définies par l’Accord national interprofessionnel (Ani) de juillet 2009 sont en passe d’être revues, le paritarisme doit se positionner comme une force de proposition. Nous voilà donc aujourd’hui à la croisée des chemins : notre défi est de continuer à créer suffisamment de valeur pour pouvoir la redistribuer à nos bénéficiaires dès lors qu’ils en ont besoin, tout en restant indépendants et maîtres de notre destin. Notre capacité à continuer à grandir comme nous l’avons toujours fait, exige que chaque membre de notre famille apporte sa pierre et participe à la feuille de route que nous allons bâtir collectivement. C’est encore plus vrai dans le contexte incertain auquel nous sommes confrontés.

 

Le Groupe vient de connaître un passage de relais à la Direction générale avec la prise de fonction de Bruno Angles le 1er mai. Quel message souhaitez-vous adresser aux administrateurs, aux délégués et aux collaborateurs en ce moment charnière ?

 

Brigitte Pisa : Avant toute chose, je voudrais adresser un message chaleureux à André Renaudin qui a eu l’idée géniale de réunir des paritaires et des mutualistes, ce que personne n’avait osé faire avant lui. Il a rapproché deux mondes auparavant très différents et qui, pourtant, ont beaucoup à s’apporter. En cela, il a été à la fois précurseur et visionnaire tout en sachant convaincre les décideurs de le suivre dans cette voie. Je dis souvent que nous sommes toutes et tous de passage. Ce sont les visions que nous portons qui sont pérennes ! Avec le passage de témoin à Bruno Angles, AG2R LA MONDIALE s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire en s’appuyant sur le chemin parcouru jusqu’à présent. Dans un environnement dans lequel le changement est permanent, le nouveau Directeur général devra s’employer à donner au Groupe tous les moyens de contribuer à la redéfinition de la protection sociale française. Pour continuer à « prendre la main sur demain », outre la mobilisation de collaboratrices et de collaborateurs de talent, il peut bien sûr compter sur l’engagement de la Présidence paritaire, des administrateurs et des délégués. Nous sommes toutes et tous, dans nos mandats respectifs, déterminés à incarner et à défendre une vision partagée, sociale, sociétale et solidaire de ce que doit être et faire un groupe paritaire de protection sociale.


Brigitte Bouquot : Comme Brigitte, je voudrais rendre hommage à André Renaudin qui a été l’instigateur de ce modèle paritaire et mutualiste auquel personne ne croyait et qui, depuis, a essaimé. Quel chemin parcouru en presque 15 années ! Alors qu’il vient tout juste de passer la main à Bruno Angles, il peut être fier de l’exercice 2021 comme de tous les précédents. C’est un beau bilan ! Sa vision et son action auront durablement marqué l’histoire du Groupe. En nommant Bruno Angles, la gouvernance d’AG2R LA MONDIALE a choisi un successeur capable de reprendre le flambeau et d’accompagner le développement du Groupe en apportant un regard neuf sur ce secteur en pleine transformation.

 

Vous avez raison, ce passage de relais est un moment charnière de la vie d’un Groupe et Bruno Angles doit pouvoir compter sur la mobilisation de tous pour accomplir sa mission. Relever les défis que nous avons évoqués ne saurait évidemment être possible sans l’engagement dont nos administrateurs, délégués et collaborateurs font preuve au quotidien, partout en France métropolitaine et ultramarine. Ce sens du collectif et ce sentiment d’appartenance à une même communauté de valeurs doivent irriguer le Groupe dans toutes ses composantes. C’est un impératif si nous voulons partager cette même ambition collective et participer à une refonte du modèle social français à la hauteur des transformations de la société que nous vivons. Je dirais même que c’est une obligation morale urgente qui nous incombe au regard du contexte politique et macroéconomique actuel. Dans cet environnement
totalement inédit, je les invite donc à resserrer les rangs pour faire vivre les valeurs d’intégrité et de solidarité de notre modèle paritaire et mutualiste.

 

 

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