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Préparer l'avenir par Catherine Lubochinsky

« Même si elle progresse, l’épargne retraite demeure insuffisamment développée en France. »

Préparer l'avenir par Catherine Lubochinsky
© Florence Brochoire

La retraite est le troisième motif d’épargne des ménages après la précaution et l’acquisition du logement.


Les Français étant rétifs au risque, l’assurance vie en euros draine la grande majorité de cette épargne. La part de l’assurance vie en unités de compte, qui, elle, permet de financer l’économie, reste faible, même si, depuis deux ans, elle a augmenté en partie grâce aux mesures incitatives des assureurs. Cependant, deux nouvelles tendances émergent : la démocratisation du capital investissement, dont la moindre volatilité attire les ménages, et l’apparition de nouveaux investisseurs en actions, dont un tiers a moins de 35 ans.

 

En France, il existe une méfiance traditionnelle vis-à-vis des actions, souvent associées à la spéculation, et une insuffisante compréhension des mécanismes financiers.


Cette méconnaissance conduit les ménages à évaluer le risque sans prendre en compte ni le rendement réel de leurs placements
ni leur horizon d’épargne. Ainsi, ils continuent à placer leur épargne dans des produits sécurisés à rémunération nulle, voire qui réduisent le pouvoir d’achat de leur capital en période d’inflation. Or, plus l’horizon de placement est long, plus il faut investir dans des actifs risqués, rémunérateurs à long terme, puis réduire le risque au fur et à mesure que l’on s’approche de l’âge de départ à la retraite.

 

Les Plans d’épargne retraite (PER) issus de la Loi Pacte ont rendu l’épargne de long terme plus attractive et permis d’attirer des investisseurs plus jeunes.


Cependant, même si elle progresse, l’épargne retraite demeure insuffisamment développée parce que la France a fait le choix d’un système de retraite par répartition. Dans un contexte de vieillissement de la population, ce système apparaît aujourd’hui de moins en moins soutenable. Il est donc probable que nous nous dirigions à terme vers un système mixte, qui associe une pension minimum garantie issue de la retraite par répartition et, au-delà, une épargne individuelle issue de la retraite par capitalisation.

 

Pour aller plus loin, écouter l'interview intégrale au format podcast

 

 

Docteur en sciences économiques, Catherine Lubochinsky est professeure à l’université Paris II-Panthéon-Assas. Elle est membre du Cercle des Économistes, du Comité scientifique de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et du Comité scientifique de Citéco, le premier musée d’Europe consacré à l’économie et situé à Paris. Dernière publication : « Des économistes répondent aux populistes », parue en avril 2022 chez Odile Jacob.

 

 

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