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747 000 personnes seraient rémunérées pour aider un proche dépendant

21 février 2020

Les aidants familiaux perçoivent des sommes faibles. Et les montants qui leur sont alloués sont en baisse depuis 2010, au profit des services prestataires.

747 000 personnes seraient rémunérées pour aider un proche dépendant
Getty Images

Peu de données  

Environ « 9% des aidants » perçoivent une rémunération, selon les données de l’enquête Santé-Handicap menée par le Ministère de la Santé. Les chercheurs de trois laboratoires (CNRS, Cnam et Lise) concluent qu’environ 747 000 personnes sont rémunérées en France pour s’occuper d’un proche en situation de dépendance.  

Pour parvenir à cette conclusion, ils se fondent sur une estimation de 8,3 millions d’aidants. Dans leur synthèse consacrée à la rémunération des aidants publiée en novembre 2019, ces chercheurs soulignent le peu de données consacrées à cette question.

  

Une faible rémunération 

Les aidants familiaux peuvent être rémunérés via deux prestations: la prestation de compensation du handicap (PCH) et l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).  

Les chercheurs soulignent que la rémunération atteint rarement le niveau du Smic et que l’accès à « certains droits sociaux » est « réduit ». Les aidants ne sont pas tous « considérés comme des travailleurs salariés », rappellent-ils.  

Les aidants perçoivent entre 3,90 et 5,84 euros l’heure, en salaire si l’aidant est salarié ou en dédommagement s’il ne l’est pas. L’accès à l’Assurance Vieillesse, la reconnaissance du travail effectué par l’Assurance Chômage ainsi que l’affiliation à la Sécurité sociale dépend du statut de l’aidant.  

 

Des sommes en baisse 

En 2015, 58% du volume d’heures d’aide humaine attribuée via la PCH est accordé à un aidant familial, selon ces chercheurs. Un tiers des heures est dirigé vers des services prestataires (associations d’aide à domicile). 

Quant aux sommes versées pour l’aide humaine, elles sont versées à 26% aux proches aidants et à 41% aux services prestataires.  

Le volume d’heures et la part des montants allouées aux aidants familiaux est en baisse depuis 2010, au profit des services prestataires. Cela conforte « l’idée que la priorité de l’action publique est de générer des emplois dans les services d’aide à domicile et non de rémunérer les proches aidants », analysent les chercheurs.  

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