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Dépendance : comment améliorer l’accès aux aides techniques ?

23 novembre 2020

Missionnés par le gouvernement en décembre 2019, Philippe Denormandie et Cécile Chevalier ont rendu leur rapport en octobre. Mieux évaluer les besoins des personnes et mieux les accompagner est leur recommandation phare.

Dépendance : comment améliorer l’accès aux aides techniques ?
Getty Images

Qu’est-ce qu’une aide technique ? 

 
Une aide technique peut prendre la forme d’un dispositif, un équipement, un instrument ou un logiciel, expliquent dans leur rapport le docteur Philippe Denormandie et Cécile Chevalier, chargée de mission sur les aides techniques et l’habitat à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
 
Une aide technique est utilisée par une personne en situation de handicap et destinée à « favoriser la participation », suppléer certaines fonctions du corps, ou « prévenir les déficiences et les restrictions de la participation ».
 
Aujourd’hui, 70% des dépenses de l’assurance maladie pour les aides techniques concernent des personnes âgées de 60 ans et plus. 
 
 

Mieux évaluer les besoins des personnes et mieux les accompagner

 
Accéder aux aides techniques demande « trop de temps et d’efforts » aux personnes qui en ont besoin, constatent les deux auteurs du rapport. L’approche financière prime « au détriment d’une approche centrée sur l’autonomie et la qualité de vie des personnes ». Cela génère des « inadaptations » et des « sous-utilisations fréquentes » des aides techniques. 
 
Le principal axe de recommandation du rapport est de « renforcer l’évaluation des besoins et l’accompagnement des personnes dans l’acquisition et l’utilisation d’une aide technique ». 
Les co-auteurs veulent notamment « améliorer le parcours des personnes » pour qu’elles recourent plus fréquemment et de façon plus optimisée aux aides techniques. Ce parcours devrait notamment reconnaître « l’expertise des personnes et des proches aidants ». 
 
L’accompagnement des personnes concernées devrait, lui, être « plus précoce et plus accessible ». L’enjeu est notamment de s’adapter à l’évolution de leur besoins « tout au long de leur vie ». Mais aussi dans le fait d’être accompagné par des « professionnels formés et neutres d’intérêts commerciaux ».
 
 

Financement, qualité des matériels… les autres axes du rapport

 
Cécile Chevalier et Philippe Denormandie identifient d’autres axes d’amélioration.  
Selon eux, le dispositif de financement des aides techniques doit être refondu pour « le rendre plus lisible, plus rapide, améliorer le pilotage du reste à charge » qui est souvent peu prévisible pour les personnes. De façon générale, les co-auteurs souhaitent « privilégier l’accès à l’usage plutôt que l’accès à la priorité des aides techniques ». Cette refonte du financement va de pair avec une amélioration de la gouvernance. 
Ils soulignent également qu’il faut améliorer la qualité des matériels des aides techniques et les services associés, et préconisent « la promotion d’une filière responsable de qualité et normée ». 
Enfin, le rapport souligne qu’il faut détecter et diffuser « les innovations pertinentes pour les personnes ». 
 
 

La réponse du gouvernement

 
Lors du Comité interministériel du handicap du 16 novembre, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures découlant du travail de Cécile Chevalier et Philippe Denormandie, notamment :
  • une expérimentation dès 2021 « dans les territoires » pour renforcer l’évaluation des besoins et l’accompagnement des personnes, notamment leur formation à l’usage de leurs aides techniques,
  • un protocole de coopération pour que les ergothérapeutes puissent prescrire des aides techniques,
  • un travail pour réduire les restes à charge. Une concertation sur les fauteuils roulants sera organisée prochainement.
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