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L’« aide » apportée à un proche n’est pas perçue comme un travail

24 février 2020

Pris dans des logiques affectives, les aidants familiaux rémunérés ne se considèrent pas comme des salariés. Ils voient leur rémunération plutôt comme un « plus ».

L’« aide » apportée à un proche n’est pas perçue comme un travail
Getty Images

Une activité considérée comme une « aide » 

Les aidants rémunérés perçoivent leur activité plutôt comme une « aide » que comme un « travail » ou un « emploi ». C’est ce qui ressort de travaux sur la rémunération des aidants publiée en novembre 2019 par les chercheurs de trois laboratoires (CNRS, Cnam et Lise).  

Depuis 2015, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie a accompagné ces recherches constatant que « la situation de proche aidant rémunéré reste méconnue, alors qu’elle renvoie à une réalité non marginale ».  

 

Des logiques affectives importantes 

Pour les chercheurs, la rémunération des aidants est prise « dans les logiques affectives et familiales : les règles de sentiment, les devoirs d’entraide, les logiques de don et de contre-don, les endettements mutuels ».  

Certains aidants « assument d’être salariés » d’un proche. Mais d’autres perçoivent cette situation comme « inenvisageable », « générateur d’un malaise conformément aux représentations communes de l’hostilité des mondes économique et de l’intimité familiale ».  

Les chercheurs soulignent toutefois que les aidants qui « ont connu une carrière professionnelle avant l’engagement auprès du proche et ceux qui ont exercé un métier relevant de l’aide à domicile semblent recourir plus facilement aux registres du travail et de l’emploi ».  

 

Compenser l’empêchement à travailler 

Pour beaucoup d’aidants familiaux, la rémunération « compense l’empêchement à travailler ». Elle est perçue comme un « plus », une « aide », parfois reversée à la personne aidée. L’activité auprès d’un proche dépendant est davantage ressentie comme « un travail d’amour ou de devoir ». 

Les chercheurs soulignent « l’absence de caractéristiques habituellement attachées à l’emploi et au travail » comme « le cadrage temporel, un lieu spécialement dédié à l’activité ». Cela renforce la « difficulté » des aidants à « associer » l’aide à leur proche à du travail.  

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