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La France, championne des dépenses de santé dans l’Union européenne

2 janvier 2020

Les dépenses de santé représentent 11,3% du PIB français, qu’elles soient financées par des fonds publics ou par l’assurance privée. Soit 3 626 euros par habitant en 2017. C’est plus que la moyenne dans l’Union européenne.

La France, championne des dépenses de santé dans l’Union européenne
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11,3% du PIB français 

Dans l’Union Européenne (UE), la France fait figure de championne de la dépense en matière de santé, selon une étude de l’OCDE et de la Commission européenne publiée en novembre 2019. Celle-ci représente 11,3% de son PIB.  

Seule l’Allemagne dépense de façon équivalente. Les pays de l’Union européenne y consacrent en moyenne 9,8% de leur richesse nationale.  

Depuis dix ans les dépenses de santé restent globalement stables en proportion du PIB français. En volume et sans tenir compte de l’inflation, elles ont augmenté d’environ 1,4% par an entre 2010 et 2017. Un « rythme modeste », estiment les deux organisations internationales. 

 

La pression du vieillissement démographique 

« Comme dans d’autres pays de l’UE, le vieillissement de la population va continuer d’accroître la demande en soins de santé et en soins de longue durée en France, et ajouter aux pressions budgétaires », notent l’OCDE et la Commission européenne. Elles prévoient que les dépenses publiques de santé pourraient augmenter de 0,7 point de PIB entre 2016 et 2070.  

En termes de sommes investies, la France est sixième dans le classement des dépenses de santé par habitant, avec 3 626 euros dépensés en 2017. C’est 25% de plus que la moyenne de l’Union européenne (une fois les écarts de niveaux de vie pris en compte). 

Plusieurs pays dépensent davantage. C’est le cas de l’Allemagne et de la Suède, où sont dépensés plus de 4 000 euros par an et par habitant.  

 

Les soins hospitaliers, premier poste de dépenses 

Les soins hospitaliers représentent environ un tiers des dépenses de santé en France. C’est légèrement plus que la moyenne des pays européens, qui y consacrent 29% de leurs dépenses.  

Viennent ensuite les soins de ville, c’est-à-dire les activités des professionnels de santé libéraux (médecins généralistes, spécialistes, ou autres). Ils représentent un quart de l’enveloppe totale.  

Dans le détail, les médicaments et dispositifs médicaux dispensés hors de l’hôpital représentent 18% des dépenses et les soins de longue durée, 15%.  

 

Investissement faible en prévention 

Enfin, les dépenses de prévention représentent 2% des dépenses, une proportion légèrement inférieure à celle constatée dans l’OCDE, où ce poste représente 3,1% des dépenses en moyenne.  

L’OCDE et la Commission européenne soulignent qu’en France, la mortalité qui serait évitable par prévention est plus élevée que dans de nombreux pays de l’UE. La France occupe la septième place du classement, derrière notamment l’Italie, l’Espagne et la Norvège. 

Les deux organisations internationales préconisent de renforcer « les politiques de prévention » et de « réduire la pression sur les hôpitaux en promouvant une meilleure coordination des soins dispensés en ville pour les personnes souffrant de maladies chroniques ». 

 

95% des Français ont une assurance complémentaire 

Presque tous les Français (95%) ont souscrit une assurance maladie complémentaire en 2017, précise cette étude. Les régimes d’assurance publics financent 78 % de l’ensemble de ces dépenses. Quant aux assurances privées obligatoires, elles en couvrent 5 %.  

Moins de 10% des dépenses de santé sont à la charge directe des assurés, « ce qui représente la part la plus faible parmi les pays de l’UE et est bien en dessous de la moyenne de l’UE (environ 16 %) ».  

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