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Plan d’aide à l’emploi des jeunes : les mesures annoncées

28 juillet 2020

Le Premier ministre, Jean Castex, a présenté le 23 juillet les détails du plan de soutien à l’emploi des jeunes. Les grandes lignes de ce plan avaient été annoncées mi-juillet par l’exécutif.

Plan d’aide à l’emploi des jeunes : les mesures annoncées
Getty Images
Le président de la République et le Premier ministre avaient défini mi-juillet les grandes lignes du plan de soutien à l’emploi des jeunes face aux conséquences de la crise économique entraînée par l’épidémie de Covid-19. 
 
Le 23 juillet, Jean Castex a présenté le détail des mesures de ce plan, lors d’un déplacement à Besançon. 
Trois priorités sont énoncées par le gouvernement : « faciliter l’entrée dans la vie professionnelle», «orienter et former 200 000 jeunes vers les secteurs et les métiers d’avenir», et « accompagner des jeunes éloignés de l’emploi en construisant 300 000 parcours d’insertion sur mesure ».
 
 

Les mesures confirmées :

 
  • Le dispositif d’exonération de charges. Des précisions sont apportées. L’État crée une compensation de charges de 4 000 euros pour tout jeune recruté entre août 2020 et janvier 2021. Cette compensation porte sur « l’ensemble des contrats de travail de plus de 3 mois des jeunes de moins de 25 ans, jusqu’à 2 Smic ». L’aide est accessible pour les entreprises des secteurs marchand et non marchand durant 6 mois. Elles reçoivent cette aide de l’Agence de service et de paiements, tous les trimestres, pendant un an maximum. Le gouvernement fixe un objectif de 450 000 contrats signés en 2020 grâce à cette mesure. 

 

  • Les 100 000 missions de service civique supplémentaires. Le gouvernement s’attend à 20 000 missions supplémentaires en 2020 et à 80 000 en 2021. 

 

  • Les places de formations qualifiantes. 200 000 avaient été annoncées mi-juillet, mais seules 100 000 sont confirmées. Ces formations concerneront les métiers d’avenir (transition écologique, numérique, soin et santé, etc, ...) et seront proposées aux jeunes « sans qualification ou en échec dans l’enseignement supérieur ».

 

  • « 300 000 projets ou contrats d’insertion » créés. Les jeunes qui n’ont pas trouvé d’entreprise pour les accueillir en formation professionnelle étaient initialement visés. Finalement, ces parcours d’insertion sont à destination des jeunes « éloignés de l’emploi». De nombreux dispositifs sont sollicités. Par exemple, 60 000 places en Parcours emplois compétences (des CDD ou CDI de droit commun avec un accompagnement social) sont créées, ainsi que 60 000 Contrats initiative emploi (un CDD ou CDI d’au moins 6 mois au cours duquel l’entreprise perçoit une aide financière, au maximum 8 682 euros pour un an à temps complet). D’autres dispositifs tels que la Garantie jeunes sont aussi renforcés. 
 
 

Les nouvelles mesures :

 

 

  • Un assouplissement pour les apprentis. Le troisième projet de loi de finances rectificative (PLFR 3) donne la possibilité à « toute personne âgée de seize à vingt-neuf ans révolus, ou ayant au moins quinze ans et justifiant avoir accompli la scolarité du premier cycle de l’enseignement secondaire » de débuter une formation en apprentissage « dans la limite d’une durée de six mois » même si elle n’a pas trouvé d’employeur. Pendant ces six mois, elles « bénéficient du statut de stagiaire de la formation professionnelle et, à ce titre, de la protection sociale des personnes prise en charge par l’État ». Cette mesure s’applique aux cycles de formation débutés entre le 1er août 2020 et le 31 décembre 2020. Les modalités de financement de la formation seront fixées par décret. 

 

  • Une prime pour recruter un apprenti ou un alternant. Les entreprises de moins de 250 salariés qui font ce choix percevront une aide exceptionnelle pour chaque embauche en contrat d’apprentissage entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021, précise le PLFR 3. Son montant devrait atteindre 5 000 euros, si l’apprenti a moins de 18 ans, 8000 euros, si l’apprenti a plus de 18 ans. 

Les entreprises de plus de 250 salariés pourront aussi bénéficier de cette aide sous certaines conditions. Pour être éligibles, les entreprises assujetties à la taxe d’apprentissage doivent bénéficier d’une exonération de la contribution supplémentaire à l’apprentissage au titre des rémunérations versées en 2021. Quant aux structures qui ne sont pas redevables de la taxe d’apprentissage, elles devront avoir atteint un seuil minimum de travailleurs alternants au sein de leur effectif au 31 décembre 2021. 

 
Le versement de cette aide s’appliquera aussi aux embauches en contrat de professionnalisation dans des conditions détaillées ultérieurement par décret. 
Le gouvernement vise 230 000 contrats d’apprentissage et 100 000 contrats de professionnalisation, bénéficiant de cette prime en 2020.

 

  • 2 000 emplois créés dans le secteur associatif. 1 000 seront créés en 2021 et 1 000 en 2022. Cela passera par un renforcement des moyens du Fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire. 

 

  • Une prime annuelle de 4 000 euros pour les TPE et PME dans les secteurs de la transformation écologique des modèles économiques (qui prennent en compte les enjeux sociaux et environnementaux) et le numérique. Objectif : 1 000 jeunes recrutés.
Le plan comprend d’autres mesures, parmi lesquelles une orientation accrue des jeunes vers des emplois d’éducateur sportif, des certifications numériques, de l’aide pour les décrocheurs, la revalorisation de la rémunération des stagiaires de la formation professionnelle, des places supplémentaires créées dans l’enseignement supérieur, une augmentation des prêts pour financer les études supérieures garantis par l’État (à hauteur de 680 millions d’euros), etc.
 
 

Quel financement ? 

 
6,5 milliards d’euros seront consacrés à ce plan d’aide en 2020 et 2021, a annoncé le Premier ministre. 
La compensation des charges sociales à hauteur de 4 000 euros par an figure dans le troisième projet de loi de finances rectificative, adopté définitivement le 23 juillet par le Parlement. 
 
 
 
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