L’économie mondiale sous la menace d’un nouveau choc d’offre
L’économie mondiale a mieux résisté que prévu à la guerre commerciale en 2025. Les perspectives étaient bien orientées avant la guerre en Iran, soutenues par des politiques publiques accommodantes. La fermeture du détroit d’Ormuz provoquée par le conflit constitue une nouvelle menace pour la croissance. Le scénario central retient l'hypothèse d’un blocage complet ne dépassant pas le mois d'avril. Un blocage prolongé sur plusieurs mois entraînerait des conséquences plus lourdes, d'au moins 1 point de PIB pour les pays avancés.
L’inflation américaine est remontée autour de 3 % en 2025, tandis qu’elle se normalisait vers 2 % en zone euro. L’envolée des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran entraînera une nouvelle hausse de l’inflation. Le scénario central envisage une inflation autour de 3 % en zone euro cet été, et comprise entre 3,5 % et 4 % aux États-Unis. Cette poussée inflationniste se dissiperait par la suite en cas de reflux des prix de l’énergie.
La Fed a repris ses baisses de taux en 2025 afin de limiter les risques d’un retournement du marché de l’emploi. Une baisse de taux supplémentaire est attendue afin d'atteindre le taux neutre, estimé entre 3,25 % et 3,5 %, mais elle devrait être repoussée à la fin de l’année en raison de la nouvelle hausse de l’inflation. En zone euro, la Banque Centrale Européenne (BCE) devrait maintenir le statu quo au cours des prochains trimestres, sauf en cas de scénario plus adverse concernant les prix de l’énergie.
Les rendements obligataires américains ont reflué en 2025 en raison de la hausse du taux de chômage et de l’assouplissement monétaire, tandis qu’ils augmentaient en zone euro avec la mise en place du plan de relance allemand. Les rendements sont attendus en hausse modérée en 2026, sous l'effet de l'augmentation de l'inflation et de l'endettement public, qui devrait exercer une pression haussière sur les primes de terme.
Les marchés actions ont fortement progressé en 2025, grâce aux bons résultats des entreprises et à l’assouplissement monétaire américain. Les perspectives étaient haussières avant la guerre en Iran et devraient le rester en cas de perturbation limitée des prix de l’énergie. Une perturbation prolongée sur plusieurs mois ouvrirait néanmoins un potentiel de baisse significatif.