Un rendez-vous qui a permis aux partenaires sociaux et experts présents de prendre la mesure des transformations à venir, dans un contexte économique et politique sous tension.
Une conjoncture incertaine mais résiliente
Jean-Baptiste Pethe, Chef économiste chez AG2R LA MONDIALE, a débuté sa prise de parole par un état des lieux des grands équilibres macroéconomiques. Si l’année 2025 s’est conclue sur une croissance de près de 1 % (un peu mieux qu’anticipé), les perspectives restent fragiles. L’inflation est contenue à 1 %, le taux d’épargne atteint un record (19 %), et la consommation reste en retrait. La dette publique, elle, dépasse les 117 % du PIB.
« À partir de 2028, la population en âge de travailler commencera à décliner, ce qui pèsera durablement sur la croissance. »
Dans ce contexte, l’équation budgétaire se durcit : 3,5 points de PIB devront être trouvés d’ici 2031 pour stabiliser la dette. Un effort massif, mais, si l’on analyse les précédents, réalisable.
« Il n’y a pas de raison que la France ne s’en sorte pas, à condition de se placer dans une perspective historique. »
Jean-Baptiste Pethe a souligné que la nature de cet ajustement sera déterminante : favoriser la dépense productive, comme l’investissement dans la recherche ou la prévention, peut générer de forts effets multiplicateurs à long terme. À l’inverse, des coupes budgétaires mal ciblées risqueraient d’aggraver la situation sociale et économique du pays.
Des régimes collectifs à l’épreuve de l’instabilité réglementaire
Anne-Charlotte de Raigniac, Directrice technique santé prévoyance chez AG2R LA MONDIALE, a ensuite proposé une lecture technique de la Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2026. Elle a d’abord rappelé le caractère inédit de l’année 2025, qui s’est achevée avec la promulgation de deux projets de loi de financement (une première qui reflète l’instabilité politique actuelle …).
« Le texte adopté est un compromis, mais il ne règle ni le déficit ni les déséquilibres structurels du système. »
Le déficit de la Sécurité sociale est prévu à 19,4 milliards d’euros en 2026, et pourrait atteindre 41 milliards d’ici 2030 si aucune mesure n’est prise. Cette trajectoire alarmante s’accompagne d’une tendance de fond : le transfert progressif de charges vers les organismes complémentaires, qui prennent une place croissante dans le financement des soins.
La LFSS acte la montée apparemment inexorable des affections de longue durée (ALD) dans la structure des dépenses de santé : en 2025, elles concernent 14,1 millions d’assurés (soit 20,9 %), et pourraient en représenter 18 millions en 2035 soit 75 % des remboursements de l’Assurance maladie.
Le rôle stratégique des branches réaffirmé
En conclusion, et après des échanges entre les participants et les intervenants, Pascale Soyeux, membre du comité exécutif AG2R LA MONDIALE en charge de la santé prévoyance et des accords de branches a rappelé l’engagement du Groupe aux côtés des branches professionnelles. Pour elle, ces mutations soulignent plus que jamais la nécessité d’un accompagnement expert, adapté à la diversité des métiers et des modèles économiques.
Elle a également souligné l’importance de faire vivre le dialogue social autour de ces sujets complexes, pour co-construire des solutions robustes, justes, et durables. Ce petit-déjeuner a marqué, selon ses mots, « un temps fort d’analyse, mais aussi d’alignement pour continuer à faire de Culture branches un espace de travail commun et prospectif ».
Culture branches, c’est une initiative collaborative et un laboratoire d’idées qui rassemble des experts et des représentants des branches professionnelles pour inventer la couverture santé et la protection sociale de demain.
Pour suivre les actualités Culture branches : https://www.ag2rlamondiale.fr/culture-branches
De gauche à droite sur la photo : Jean-Baptiste Pethe, Chef économiste chez AG2R LA MONDIALE, Anne-Charlotte de Raigniac, Directrice technique santé prévoyance chez AG2R LA MONDIALE, Pascale Soyeux, membre du Comité exécutif d'AG2R LA MONDIALE en charge de la santé prévoyance et des accords de branches.