La santé des femmes au travail s'impose aujourd'hui comme un enjeu central de prévention, d'égalité professionnelle et de maintien dans l'emploi. Dans ce contexte, Culture branches a choisi de consacrer son 2ème rendez-vous de l'année à cette thématique. Juliette Mauro, cofondatrice et CEO de MySLife, et Pascal Gillet, médecin et président de Medialane, ont présenté devant les négociateurs de branches et les partenaires sociaux présents les résultats de l'enquête « Santé des femmes au travail ». Initiée par les trois pôles professionnels d'AG2R LA MONDIALE (alimentaire, coiffure et ESS), cette étude nationale a été menée auprès de 8 000 femmes issues des métiers de l'alimentaire, du soin et du lien social. Elle permet de dresser un constat de la situation afin de mieux répondre aux enjeux de santé qui concernent près de la moitié des actifs en France.

 

La santé des femmes au travail :  un sujet encore trop souvent minoré dans le monde professionnel


La santé hormonale et gynécologique a un impact significatif sur la vie professionnelle des femmes, de leur entrée sur le marché du travail (âge moyen de 22 ans) jusqu'à la retraite. Pourtant, ces réalités restent largement ignorées : 83 % des femmes déclarent être gênées par leurs règles au travail, une femme sur deux est impactée par la périménopause ou la ménopause dans son activité, et seulement 22 % d’entre elles se sentent à l'aise pour en parler à leur employeur.

L'enquête met également en évidence un phénomène d'accumulation : charge domestique, monoparentalité, aidance, douleurs chroniques et troubles hormonaux se cumulent et fragilisent durablement le maintien en emploi. 59 % des femmes établissent un lien direct entre leur santé mentale et leur activité professionnelle.

« Nous sommes convaincus qu'une meilleure prise en compte de cette réalité est un levier puissant de performance et d'innovation pour nos entreprises, et surtout, une responsabilité profonde pour les millions de femmes que nous accompagnons chaque jour » a souligné Pascale Soyeux, membre du Comité exécutif Groupe en charge de la santé prévoyance et des accords de branches.

 

Des branches professionnelles qui prennent la mesure du sujet


Les témoignages des branches professionnelles ont montré qu'une prise de conscience est déjà à l'œuvre et que des premières réponses émergent.

Stéphanie Prat Eymeric, Secrétaire fédérale FGTA-FO et Présidente du pôle coiffure d'AG2R LA MONDIALE, a pointé un paradoxe : « Beaucoup de femmes normalisent leurs douleurs. Cette attitude, aussi courageuse soit-elle, invisibilise des difficultés bien réelles et constitue un obstacle majeur à la prévention. »

« L'approche sexuée de la prévention des risques professionnels, longtemps restée un tabou, est en train de tomber », exprime Renaud Giroudet, Directeur des affaires sociales, de l'emploi et de la formation de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) et administrateur du pôle alimentaire d’AG2R LA MONDIALE. « Cette évolution culturelle se traduit notamment par le Plan Santé au Travail 5 (PST5, 2026-2030), qui place l'approche genrée au cœur de la prévention », poursuit-il.

Certaines branches apportent déjà des premières réponses. La branche vétérinaire, où 80 % des salariés sont des femmes, en est un exemple parlant. Anne Daumas, Directrice du Syndicat National des Vétérinaires d'Exercice Libéral (SNVEL), a témoigné : « Nous avons déployé des webinaires ciblés sur l'endométriose, la santé cardiovasculaire et la  fertilité. »

Du côté de l'ESS, Laurence Grandjean, Vice-présidente CFE-CGC des organismes de Sécurité sociale et Vice-présidente du pôle ESS d'AG2R LA MONDIALE, a insisté sur la nécessité de réponses adaptées : « Aménagement des horaires, flexibilité pour les rendez-vous médicaux, intégration des enjeux de santé féminine dans les formations initiales et continues : ce sont des leviers accessibles, qui font la différence. »

 

Trois dispositifs concrets soutenus par les pôles professionnels pour accompagner les branches


Pour répondre concrètement aux enjeux de santé des femmes au travail, les pôles professionnels d’AG2R LA MONDIALE soutiennent plusieurs dispositifs concrets destinés à accompagner les branches.

Un programme de prévention personnalisé cible en priorité les femmes de 40 à 55 ans, avec un accompagnement centré sur les enjeux cardio-métaboliques et de périménopause. Des modules de formation permettent d'outiller les encadrants, via des contenus e-learning complétés par des sessions en direct, afin de mieux accompagner les équipes au quotidien. Enfin, un espace digital dédié offre aux femmes confrontées à des violences sexistes et sexuelles un accès discret à des ressources ainsi qu'à un suivi par des professionnels, notamment des assistantes sociales et des psychologues.

Au-delà du diagnostic, un consensus de plus en plus large se dessine : la santé des femmes au travail ne peut plus être traitée comme un sujet périphérique. Elle s'impose désormais comme un levier structurant de bien-vivre au travail, de prévention et d'attractivité pour les branches professionnelles. AG2R LA MONDIALE s’engage à donner des outils concrets aux négociateurs de branches à destination de leurs salariées, pour une prévention plus efficace et plus inclusive.

 

 

Culture branches, c'est une initiative collaborative et un laboratoire d'idées qui rassemble des experts et des représentants des branches professionnelles pour inventer la couverture santé et la protection sociale de demain.

 

De gauche à droite sur la photo : Anne Daumas, Pascal Gillet, Juliette Mauro, Pascale Soyeux, Renaud Giroudet, Stéphanie Prat Eymeric, Éric Vasseur (Directeur des accords de branches AG2R LA MONDIALE) et Laurence Grandjean