L'essentiel
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La retraite progressive permet de passer à temps partiel (40 à 80 %) tout en touchant une fraction de sa pension.
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Les droits continuent de s’accumuler, ce qui améliore la pension définitive.
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C’est une transition choisie, qui évite la rupture brutale du départ classique.
Partir à la retraite du jour au lendemain, après des décennies d'activité, c'est une rupture que beaucoup appréhendent, et que certains vivent difficilement. La retraite progressive propose une autre voie : réduire son temps de travail tout en commençant à percevoir une partie de sa pension, sans attendre l'âge légal de départ complet. Une transition en douceur, qui laisse le temps de se préparer à ce nouveau chapitre. Depuis le 1er septembre 2025, ce dispositif est accessible dès 60 ans pour tous les salariés du secteur privé et les agents de la fonction publique. C'est deux ans plus tôt qu'auparavant, et c'est le résultat d'un accord national interprofessionnel signé à l'automne 2024 par l'ensemble des partenaires sociaux, syndicats et organisations patronales confondus. Une avancée qui traduit une conviction partagée : la fin de carrière mérite d'être accompagnée, et non subie.
Trois conditions pour en bénéficier
Pour accéder à la retraite progressive, trois conditions doivent être réunies. Avoir atteint l'âge de 60 ans. Justifier d'au moins 150 trimestres de cotisation, soit 37 ans et demi de carrière validés, tous régimes confondus. Et exercer une activité à temps partiel, dans une fourchette comprise entre 40 % et 80 % d'un temps complet. Cette dernière condition nécessite l'accord de l'employeur, qui doit désormais, si son refus est motivé, en justifier les raisons de manière formelle - une évolution significative qui renforce les droits des salariés souhaitant s'engager dans cette voie.
La retraite progressive n'est pas un retrait. C'est une transition choisie, qui permet de ralentir sans s'arrêter, et de préparer sereinement la suite.
Comment fonctionne le dispositif ?
Le principe est simple : la fraction de pension perçue est proportionnelle à la part d'activité non travaillée. Un salarié qui passe à 60 % de temps de travail perçoit ainsi 40 % de sa pension calculée sur ses droits acquis à date. S'il travaille à 70 %, il touche 30 % de sa pension. Et il continue, pendant toute cette période, à cotiser et à accumuler des droits supplémentaires, ce qui améliorera le montant de sa pension définitive au moment de la liquidation complète. C'est là l'un des atouts souvent méconnus du dispositif : la retraite progressive n'est pas un départ partiel qui fige les droits acquis. C'est une phase d'activité réduite pendant laquelle les droits continuent de s'ouvrir, ce qui peut, selon les situations, se révéler financièrement avantageux par rapport à un départ anticipé définitif.
Le chiffre clé : 60 ans
C'est l'âge auquel la retraite progressive est désormais accessible, contre 62 ans auparavant. Un gain de deux ans qui élargit considérablement le champ des possibles pour les salariés en fin de carrière.
Une opportunité de vie à saisir
Au-delà de la mécanique financière, la retraite progressive est d'abord une opportunité de vie. Elle permet de réduire progressivement la charge de travail sans renoncer à son activité, de préserver le lien avec son environnement professionnel tout en dégageant du temps pour d'autres projets (personnels, familiaux, associatifs…). Elle offre aussi la possibilité de préparer sa retraite définitive dans de meilleures conditions, psychologiques autant que financières. Pour les salariés qui approchent des 60 ans et qui ont validé une carrière suffisamment longue, il peut être utile de simuler sa situation sur le site de l'Assurance retraite, qui a intégré ce dispositif à son outil de simulation depuis septembre 2025. Un premier pas pour évaluer si cette voie correspond à ses attentes et à sa situation personnelle.
Comment activer la retraite progressive ?
1. Vérifier son éligibilité : avoir 60 ans et justifier d'au moins 150 trimestres de cotisation tous régimes confondus. Le relevé de carrière disponible sur Mon compte retraite permet de faire le point en quelques minutes.
2. En parler à son employeur : le passage à temps partiel (entre 40 % et 80 % d'un temps complet) nécessite son accord. Depuis la réforme, un refus doit être formellement justifié. Mieux vaut initier la conversation en amont, sans attendre la demande officielle.
3. Déposer sa demande : la demande se fait auprès de l'Assurance retraite, idéalement cinq mois avant la date souhaitée de démarrage. Un seul dossier suffit pour les régimes de base ; les régimes complémentaires (AGIRC-ARRCO) peuvent nécessiter une démarche séparée.
4. Ajuster chaque année : la pension versée est recalculée régulièrement en fonction du temps de travail effectif. Il est nécessaire d'attester chaque année auprès de sa caisse de retraite que la quotité de travail respecte bien les conditions requises.
