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Retraite progressive : les indépendants aussi y ont droit

Artisans, commerçants, professions libérales : depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible à tous dès 60 ans. Un droit encore largement ignoré, qui mérite d'être mieux connu.

Publié le 03 juillet 2026 # Retraite

L’essentiel

  • Artisans, commerçants et professions libérales sont éligibles dès 60 ans.
  • Le critère n’est pas le temps partiel mais une baisse des revenus comprise entre 20 et 60 %.
  • L’activité réduite continue de générer des cotisations, qui améliorent la pension définitive.

Beaucoup de travailleurs indépendants l'ignorent encore : la retraite progressive n'est pas un dispositif réservé aux salariés. Depuis la réforme des retraites de 2023, il a été étendu aux artisans, aux commerçants et aux professions libérales. Et depuis le 1er septembre 2025, son accès a été abaissé à 60 ans pour l'ensemble de ces catégories, comme pour les salariés du secteur privé et les agents de la fonction publique. C'est une évolution substantielle, qui répond à une réalité bien connue des indépendants en fin de carrière : la difficulté de s'arrêter d'un coup, sans transition, après des années consacrées à construire une activité, une clientèle, un savoir-faire. La retraite progressive offre précisément cette possibilité de réduire progressivement son activité, sans rupture brutale, tout en commençant à percevoir une fraction de sa pension.

Des conditions adaptées au statut d'indépendant

Pour les travailleurs indépendants, les conditions d'accès sont proches de celles des salariés sur deux points : avoir atteint 60 ans, et justifier d'au moins 150 trimestres de cotisation tous régimes confondus. La différence tient à la nature même du statut : un indépendant ne peut pas passer à temps partiel au sens strict du terme.

Le dispositif est donc adapté : c'est la réduction des revenus professionnels qui sert de critère de déclenchement. Concrètement, l'indépendant doit faire état d'une baisse de ses revenus d'activité comprise entre 20 % et 60 % par rapport à sa situation antérieure. Cette diminution est mesurée à partir des déclarations fiscales et sociales. La pension versée est alors proportionnelle à cette baisse : une réduction de 30 % des revenus ouvre droit à 30 % de la pension théorique, une réduction de 50 % à 50 % de la pension, et ainsi de suite. Un point de calendrier à connaître : pour les travailleurs indépendants relevant de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), le point de départ de la retraite progressive est fixé obligatoirement au 1er janvier de l'année qui suit le dépôt de la demande. Il est donc recommandé de déposer sa demande suffisamment à l'avance, idéalement six mois avant la date souhaitée.

Continuer à cotiser, améliorer sa pension définitive

L'un des aspects les moins connus, et pourtant les plus intéressants, de la retraite progressive pour les indépendants, c'est que l'activité réduite continue de générer des cotisations. Ces cotisations contribuent à améliorer le montant de la pension définitive au moment de la liquidation complète. Autrement dit, les années passées en retraite progressive ne sont pas des années perdues du point de vue des droits à la retraite. Elles peuvent même, dans certaines configurations de carrière, permettre de combler des lacunes ou d'améliorer marginalement le montant final de la pension.

La retraite progressive permet à l'indépendant de ne pas rompre brutalement le lien avec son activité, mais de le faire évoluer, à son propre rythme, vers un équilibre nouveau

Le chiffre clé : entre 20 et 60 %

C'est la fourchette de réduction d'activité (mesurée en baisse de revenus) requise pour les indépendants. Une réduction de 40 % des revenus ouvre droit à 40 % de la pension théorique.

Une transition souple, à construire sur mesure

La flexibilité est précisément ce qui rend ce dispositif particulièrement adapté au monde des indépendants. Un consultant peut décider de ne conserver que certains clients, en réduisant progressivement son chiffre d'affaires. Un artisan peut choisir de limiter ses chantiers aux interventions les moins physiquement exigeantes. Un médecin libéral peut réduire le nombre de ses consultations hebdomadaires. Dans chaque cas, la transition est construite sur mesure, à un rythme choisi.

Beaucoup d'indépendants l'ignorent encore : la retraite progressive leur est ouverte depuis 2023, et accessible dès 60 ans depuis septembre 2025. Un droit qui mérite d'être connu.

Cette souplesse répond aussi à une dimension psychologique souvent sous-estimée : pour beaucoup d'indépendants, l'activité professionnelle est une composante forte de l'identité. La retraite progressive permet de ne pas rompre ce lien brutalement, mais de le faire évoluer vers un équilibre nouveau entre travail, transmission et vie personnelle.

Êtes-vous éligible à la retraite progressive ?

1. Vous avez 60 ans ou plus : l’âge d'accès a été abaissé à 60 ans pour tous les statuts depuis le 1er septembre 2025, salariés, fonctionnaires et indépendants confondus.

2. Vous avez validé au moins 150 trimestres : soit environ 37 ans et demi de carrière, tous régimes confondus, y compris les périodes salariées, les trimestres rachetés ou les périodes assimilées (chômage, maladie, maternité).

3. Vous pouvez réduire vos revenus d'activité : la réduction doit être comprise entre 20 % et 60 % par rapport à vos revenus de référence. C'est cette baisse, et non un temps de travail en heures, qui sert de critère pour les indépendants.

4. Votre activité principale est artisanale, commerciale ou libérale : le dispositif est ouvert aux artisans, commerçants, professions libérales (avocats inclus) et dirigeants assimilés salariés. Les micro-entrepreneurs peuvent également y accéder sous conditions.

Si vous cochez ces quatre cases, la retraite progressive est a priori accessible. Rapprochez-vous de votre caisse de retraite ou d'un conseiller pour une simulation personnalisée.