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Retraite progressive : un outil de transition au service des entreprises

Accessible dès 60 ans depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive change de dimension. Pour les employeurs et les directions RH, elle représente un levier concret de gestion des fins de carrière et un outil de transmission des compétences à ne pas sous-estimer.

Publié le 08 juin 2026 # Retraite

L’essentiel

L’abaissement à 60 ans élargit nettement la population concernée par le dispositif.

Un refus de l’employeur doit désormais être formellement justifié, ce qui invite à anticiper.

Bien utilisée, la retraite progressive devient un vrai levier de transmission des compétences entre générations.

La retraite progressive existe depuis plusieurs années. Mais jusqu'à présent, elle restait peu mobilisée, souvent méconnue des salariés eux-mêmes, et rarement intégrée dans les stratégies RH de gestion des seniors. L'abaissement de l'âge d'accès à 60 ans, effectif depuis le 1er septembre 2025, change la donne. Il fait de ce dispositif un outil de transition crédible, susceptible de concerner un nombre significativement plus important de collaborateurs dans les années qui viennent. Pour les entreprises, l'enjeu est double : comprendre ce que ce dispositif implique concrètement en termes de gestion des ressources humaines, et se saisir de l'opportunité qu'il représente pour structurer des fins de carrière mieux anticipées.

Ce que la réforme change pour les employeurs

Depuis le 1er septembre 2025, tout salarié ayant atteint l'âge de 60 ans et justifiant d'au moins 150 trimestres de cotisation peut demander à bénéficier de la retraite progressive, sous réserve de passer à un temps partiel compris entre 40 % et 80 % d'un temps complet. Cette demande nécessite l'accord de l'employeur pour le passage à temps partiel. La réforme introduit cependant une nuance importante sur ce point : l'employeur qui refuse doit désormais motiver formellement sa décision, en justifiant notamment des conséquences de la réduction du temps de travail sur la continuité de l'activité ou des difficultés de recrutement que cela impliquerait. Un refus sans justification sérieuse expose l'entreprise à un recours prud'hommal. Cette évolution du cadre juridique invite les entreprises à anticiper ces demandes plutôt qu'à les traiter au cas par cas.

La retraite progressive crée les conditions d'un chevauchement planifié entre le collaborateur expérimenté et ses successeurs, une transition que le départ brutal à la retraite ne permet pas d'organiser.

Un levier de transition et de transmission

Vue sous l'angle de la gestion des compétences, la retraite progressive représente bien davantage qu'une contrainte administrative. Elle crée les conditions d'une transition planifiée, dans laquelle un collaborateur expérimenté peut réduire progressivement son activité tout en restant présent et disponible pour accompagner la montée en compétences de ses successeurs. Ce temps de chevauchement, souvent difficile à organiser dans le cadre d'un départ à la retraite classique, qui intervient brutalement, devient possible et structuré. Pour des fonctions à forte composante de savoir-faire, d'expertise métier ou de relation client, ce type de transition peut représenter une valeur significative pour l’entreprise, à condition d'être anticipé et accompagné.

Un outil à intégrer dans les politiques seniors

La retraite progressive s'inscrit plus largement dans le contexte d'une attention croissante portée à l'emploi des seniors, renforcée par l'accord national interprofessionnel de novembre 2024 qui a précisément conduit à l'abaissement de l'âge d'accès au dispositif. Les organisations qui développent des politiques actives en faveur du maintien en emploi des collaborateurs expérimentés ont tout intérêt à faire de la retraite progressive l'un des outils concrets de ces politiques.

L'employeur qui refuse une demande de retraite progressive doit désormais en justifier formellement les raisons. Ce changement invite les organisations à anticiper plutôt qu'à subir.

Cela implique d'informer les salariés concernés de l'existence du dispositif et de ses modalités, de former les managers à identifier et à traiter ces demandes avec le bon niveau d'attention, et de structurer des parcours de fin de carrière qui intègrent cette option comme une voie naturelle. Les directions RH peuvent s'appuyer sur les caisses de retraite et les conseillers d’AG2R LA MONDIALE pour accompagner cette montée en compétences et outiller les équipes

Ce que la retraite progressive apporte à chacun

  • Pour le collaborateur

    • réduire son rythme de travail sans rupture brutale,
    • percevoir une fraction de sa pension tout en continuant à cotiser et à améliorer ses droits définitifs,
    • préparer psychologiquement et financièrement son départ complet, à son propre rythme.
  • Pour l’entreprise

    • anticiper les départs et organiser la transmission des compétences dans un cadre planifié,
    • maintenir l'expérience et le savoir-faire de collaborateurs clés pendant la période de transition,
    • répondre à une obligation de justification renforcée dans un cadre juridique mieux encadré,
    • créer les conditions d'un vrai passage de relais entre générations, au bénéfice du collectif de travail.

2 ans

C'est le gain apporté par la réforme du 1er septembre 2025 : l'âge d'accès à la retraite progressive passe de 62 à 60 ans, ouvrant le dispositif à une population de salariés seniors significativement plus large.