Au-delà des contrats et des garanties, l’action sociale s’attache à épauler celles et ceux qui en ont besoin, pour leur permettre de bien vivre au quotidien et de bien vieillir. Laëtitia Geneste, Directrice de l’action sociale d’AG2R LA MONDIALE nous explique en quoi consiste l'action sociale et comment elle se déploie sur le terrain, au plus près des besoins.

Retrouvez l’interview de Laëtitia Geneste en podcast

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En quoi l’action sociale constitue-t-elle, selon vous, une expertise spécifique à un groupe de protection sociale ?

Chez AG2R LA MONDIALE, nous accompagnons nos clients tout au long de leur vie à travers nos trois grands métiers : notre métier d’assureur de personnes, autour de la santé, de la prévoyance, de l’épargne et de l’assurance vie ; notre métier de gestionnaire de la retraite complémentaire Agirc-Arrco ; et notre métier de gestionnaire de résidences services seniors à travers Domitys. Les partenaires sociaux, qui pilotent les activités paritaires du groupe, la retraite complémentaire et la prévoyance, décident de dédier chaque année un budget très conséquent, de plus de 85 millions d’euros, à l’action sociale. Ce budget nous permet de répondre présents lorsque nos clients et leurs proches, qu’ils soient chefs d’entreprise, indépendants, salariés, actifs ou retraités, vivent une situation de fragilité.

Concrètement, à quel moment de la vie l’action sociale peut-elle intervenir ?

Le groupe AG2R LA MONDIALE peut intervenir à tout moment dans la vie de ses clients à travers son action sociale. Je vais vous donner deux exemples concrets, inspirés de situations réelles. Le premier concerne Sonia et Marc, qui ont deux enfants. Sonia travaille dans une entreprise qui a souscrit auprès d’AG2R LA MONDIALE un contrat de prévoyance collective pour ses salariés. Leur fille, âgée de huit ans, est en situation de handicap. Elle bénéficie d’une aide pour l’accompagner dans sa vie quotidienne. Leur domicile a été aménagé grâce à des financements publics, mais certains équipements restent à leur charge. L’action sociale de notre institution de prévoyance a financé l’acquisition de ces aides techniques, essentielles à l’amélioration de leur quotidien.

Le deuxième exemple est celui de Marie. Marie a 78 ans et vit seule chez elle. Elle a effectué toute sa carrière dans la grande distribution, au sein d’une entreprise cliente de l’institution de retraite complémentaire du groupe. C’est donc aujourd’hui AG2R Agirc-Arrco qui lui verse sa pension de retraite complémentaire. Marie a subi une intervention chirurgicale qui a immobilisé l’un de ses bras et qui nécessite maintenant une longue rééducation. Elle ne peut plus faire son ménage ni préparer ses repas toute seule. Son contrat de complémentaire santé prévoit huit heures d’aide à domicile pour accompagner sa sortie d’hospitalisation. L’Assurance retraite finance partiellement des heures d’aide à domicile, mais son reste à charge est trop important par rapport au montant de sa pension de retraite. Notre action sociale, que Marie a sollicitée, a donc pris en charge le solde de ses factures pendant les six mois de sa convalescence. Comme vous pouvez le constater, nos aides sont très concrètes et interviennent dans des situations très différentes. En 2025, nous avons ainsi pu aider financièrement 6 600 personnes, ce qui représentait un montant total de 11 millions d’euros.

Comment détectons-nous les personnes qui ont besoin d’un accompagnement ? Est-ce qu’elles nous sollicitent ou existe-t-il des dispositifs de repérage ?

Je dirais les deux. Les personnes qui ont besoin d’un accompagnement nous contactent de trois façons différentes. Certaines découvrent notre action sociale à travers nos communications, comme ce podcast. D’autres la découvrent à travers leur entreprise ou leur branche professionnelle, ce qui génère des prises de contact directes. Par ailleurs, lorsqu’un collaborateur du groupe est en contact avec un client, qu’il s’agisse d’une branche, d’une entreprise, d’un travailleur indépendant, d’un actif ou d’un retraité, et qu’il identifie une fragilité ou un besoin spécifique, il l’oriente vers les équipes de l’action sociale. En parallèle, nous nous appuyons également sur un réseau d’acteurs locaux qui détectent les besoins, transmettent de l’information et nous mettent en relation avec les personnes concernées. Je pense notamment aux centres communaux d’action sociale, les CCAS, aux collectivités territoriales et aux associations présentes sur l’ensemble du territoire.

Comment l’action sociale s’adapte-t-elle au vieillissement de la population et à la multiplication des situations de dépendance ?

L’action sociale exerce une veille constante sur les tendances sociétales et démographiques, ainsi que sur les besoins émergents auxquels, vous l’aurez compris, elle souhaite apporter des réponses concrètes et innovantes. J’ai la grande chance de manager 200 collaborateurs très investis, qui exercent des métiers porteurs de sens auxquels ils sont très attachés. Je pense notamment aux conseillers sociaux, qui écoutent, conseillent et orientent les clients, que nous appelons d’ailleurs des bénéficiaires. Ils constituent notre première vigie concernant les besoins et les fragilités. En parallèle, plus de 80 collaborateurs sont présents dans chaque région et analysent les besoins spécifiques de leur territoire. Ils identifient les plus de 600 solutions innovantes que le groupe soutient chaque année à travers ses fonds sociaux.

Justement, quelles sont les actions concrètes développées par le groupe dans ces domainess ?

Le vieillissement de la population génère notamment deux phénomènes à appréhender d’un point de vue sociétal : la dépendance et la cohabitation de quatre générations, qui multiplient les situations d’interdépendance. Je vais vous donner un exemple concret. En 2025, nous avons financé, sur l’ensemble du territoire, 50 projets de rénovation et de modernisation d’EHPAD, de développement d’habitats inclusifs, participatifs et solidaires, ainsi que de lieux d’accueil et de répit permettant de rapprocher les familles et de soutenir les aidants. Le groupe y a consacré plus de 9 millions d’euros.

Comment l’action sociale intervient-elle auprès des entreprises, des salaries et des professionnels en matière de prévention santé ?

Nous considérons l’entreprise comme un lieu de vie à part entière, un lieu dans lequel les fragilités doivent également être prises en compte. Je vais l’illustrer à travers le sujet de la santé mentale. Notre action sociale finance un dispositif complet destiné à nos entreprises clientes, à leurs dirigeants et à leurs salariés. Ce dispositif repose sur deux éléments. Le premier est une ligne téléphonique disponible 7 jours sur 7 et 24h sur 24, qui permet à chacun de confier, de manière confidentielle, à un professionnel de la santé mentale, ses préoccupations liées à son activité professionnelle ou à sa vie personnelle. Le deuxième volet du dispositif est l’intervention de psychologues qualifiés dans les locaux de l’entreprise en cas d’événement traumatique, d’accident, d’agression ou de décès brutal.

Un petit mot sur les travailleurs indépendants : ont-ils des besoins ou des fragilités particulières par rapport aux salariés ?

Oui, les travailleurs indépendants ont des besoins et des fragilités spécifiques. L’autonomie, qui est souvent recherchée par les indépendants, peut, en contrepartie, s’accompagner d’un isolement plus important que celui que peut connaître un salarié. Ils sont souvent soumis au stress et à une forte emprise du travail sur leur vie privée. La réticence de certains indépendants à s’arrêter, afin d’éviter une perte de revenus, peut les amener à négliger leur santé, à ne pas consulter un médecin ou à ne pas respecter la durée d’un arrêt de travail. Au-delà de nos solutions assurantielles spécifiques, notamment en matière de prévoyance et de retraite supplémentaire, nous proposons également aux indépendants des programmes de prévention adaptés. Nous sommes présents pour les accompagner face à la complexité des dispositifs, pour les écouter, les conseiller et les orienter vers l’ensemble des aides existantes, qu’elles soient publiques ou adossées à nos contrats de santé et de prévoyance. Nos experts peuvent accorder des aides financières individuelles en complément des prestations légales, notamment lorsqu’il existe un reste à charge important en matière de santé ou des frais liés à une incapacité de travail. Nous pouvons aussi envisager avec eux des aides à la reprise d’activité ou à la reconversion, le cas échéant.