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Salarié : tout savoir sur le congé de proche aidant

Le congé de proche aidant permet aux salariés de suspendre leur activité pour s’occuper d’un proche en situation de perte d'autonomie (vieillesse, handicap, etc.). Voici tout ce que vous devez savoir sur le fonctionnement de ce dispositif, et les conditions pour en bénéficier.

Congé de proche aidant : de quoi s’agit-il ?

Le congé de proche aidant permet de diminuer ou de suspendre son activité professionnelle de manière temporaire, afin d'accompagner un proche souffrant d'une importante perte d'autonomie. Mis en place en 2017 dans le cadre de la loi d’adaptation de la société au vieillissement, ce dispositif remplace le congé de soutien familial.

 

Ce congé est ouvert aux professionnels sous conditions, et s’étend sur une durée variable en fonction d’un certain nombre de paramètres. Dans tous les cas, la durée du congé de proche aidant ne peut pas excéder 1 an. Il peut être soit transformé en temps partiel, soit être fractionné, en accord avec l'employeur.
 

Bon à savoir : la mission d’aidant peut être lourde à assumer. Pour accompagner les aidants familiaux, il existe des structures de soutien. Vous pouvez prendre contact avec l’Association française des aidants pour connaître des cafés des aidants proches de votre domicile.

Quelles sont les conditions pour bénéficier du congé de proche aidant ?

Pour bénéficier d’un congé de proche aidant, vous devez remplir les conditions d’éligibilité à ce dispositif. Tout d’abord, il faut avoir un lien de parentalité ou de stabilité avec la personne aidée. La personne que vous assistez doit être :

  • la personne avec qui vous vivez en couple,
  • votre ascendant, votre descendant, une personne à votre charge ou un membre de votre famille jusqu’au 4ème degré (c’est-à-dire vos frères ou sœurs, vos cousin(e)s, vos oncles et tantes ainsi que vos neveux et nièces),
  • une personne handicapée ou âgée, avec qui vous entretenez des liens étroits ou vivant sous votre toit.

 

Ensuite, la personne que vous souhaitez aider doit résider en France et justifier de sa présence sur le territoire français depuis au moins 3 mois. Les proches résidant à l’étranger ne peuvent pas bénéficier de votre soutien dans le cadre de ce dispositif. 

 

Pour finir, la personne que vous souhaitez accompagner doit justifier d’une perte d’autonomie évaluée en GIR 1, 2 ou 3 ou d’une incapacité d’au moins 80 %.
 

Bon à savoir : le congé de proche aidant était auparavant réservé aux salariés pouvant justifier d’une durée minimale de présence dans l’entreprise. Ce n’est plus le cas depuis fin 2019. Désormais, quelle que soit votre date d’arrivée dans l’entreprise, pouvez en bénéficier, sous réserve d’éligibilité. 

Quelle est la durée du congé de proche aidant ?

Sauf dispositions spécifiques prévues par une convention ou un accord collectif d’entreprise ou par une convention ou un accord de branche, le congé de proche aidant :

  • dure au maximum trois mois,
  • peut être fractionné ou transformé en temps partiel avec l’accord de l’employeur,
  • peut être renouvelé dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière du salarié.

 

Il est possible de mettre un terme au congé de manière anticipée en cas :

  • de décès de la personne aidée,
  • d’accueil de la personne aidée dans un établissement,
  • de baisse importante des ressources du salarié,
  • de recours à un service d’aide à domicile,
  • ou de congé pris par un autre membre de la famille.

Le congé de proche aidant est-il rémunéré ?

Sauf dispositions conventionnelles ou collectives particulières, le congé de proche aidant n’est pas un congé payé. Pendant cette période, le bénéficiaire cesse son activité professionnelle. Il ne perçoit donc aucune rémunération liée à son activité professionnelle.

 

Mais, depuis le 30 septembre 2020, le congé de proche aidant est indemnisé. Le salarié peut demander à recevoir l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Cette aide financière permet de compenser en partie la perte de salaire. Le montant de l’allocation journalière s’élève à :

  • 43,87 € si le bénéficiaire vit en couple,
  • Et 52,13 € s’il vit seul.

 

Le salarié a droit à 22 jours maximum par mois d’AJPA, dans la limite de 66 jours au cours de sa carrière professionnelle.

Pour obtenir l’AJPA, il faut compléter un formulaire de Demande de prestation de l’allocation journalière du proche aidant (AJPA). Vous devez ensuite l’adresser à votre Caisse d’allocations familiales (CAF) ou à la Mutualité Sociale Agricole (MSA).

 

Ainsi, le montant de l’allocation ne varie pas en fonction de la rémunération. Ce montant, calculé par la CAF sur la base d’un tarif journalier fixe, est le même pour tous les aidants. Il s’agit donc d’une indemnisation, et non d’un maintien de salaire comme cela pourrait être le cas lors d’un arrêt maladie par exemple. 

 

Bon à savoir : le salarié n’a pas le droit d’exercer une activité professionnelle pendant son congé de proche aidant. Il peut toutefois être employé par la personne aidée si celle-ci perçoit l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) ou la prestation de compensation du handicap (PCH). 

Comment faire une demande de congé de proche aidant ?

Si vous êtes salarié, vous devez adresser votre demande par lettre recommandée avec avis de réception à votre employeur.

 

Dans tous les cas, la demande de congé de proche aidant est toujours à l’initiative du salarié et doit détailler un certain nombre de points : 

  • exprimer la volonté de suspendre le contrat de travail pour prendre en charge un proche dans le besoin,
  • indiquer la date de départ souhaitée,
  • préciser s’il s’agit d’un congé fractionné ou non.

 

Les pièces justificatives à joindre à votre demande sont précisées par l’article D.3142-8 du Code du travail.

Quand faire une demande de congé de proche aidant ?

La demande doit être formulée au minimum un mois avant la date de départ souhaitée.

 

Toutefois, il est possible de bénéficier d’un congé immédiat dans certains cas d’urgence très spécifiques :

  • dégradation soudaine de l’état de santé de la personne aidée,
  • situation de crise nécessitant une action urgente du proche aidant,
  • ou de cessation brutale de l’hébergement en établissement dont bénéficiait la personne aidée.

 

Le congé peut alors débuter ou être renouvelé sans délai.

En cas de renouvellement du congé de proche aidant ou de l’activité à temps partiel de façon successive, le salarié doit avertir son entreprise au moins 15 jours avant l’échéance. 

Le congé de proche aidant peut-il être refusé ?

Le congé de proche aidant est un droit défini par la loi et le Code du travail. Dès lors que toutes les conditions requises pour en bénéficier sont remplies, l'employeur ne peut pas refuser la demande. Si l'employeur refuse la demande de congé de proche aidant, le salarié peut contester cette décision devant le conseil de prud'hommes.

 

L'employeur est toutefois en droit de refuser le fractionnement du congé, ou la transformation en période d'activité à temps partiel.

Les congés de proche aidant sont-ils réservés aux salariés ?

Les congés de proche aidant ne sont pas réservés aux personnes salariées. Ils sont également ouverts aux agents de la fonction publique, aux travailleurs indépendants et aux demandeurs d’emploi. Il faut toutefois respecter les conditions listées ci-dessus pour pouvoir en bénéficier.

 

Que vous soyez salarié, indépendant ou chômeur, vous pouvez avoir droit à un congé de proche aidant à partir du moment où vous remplissez les conditions évoquées plus haut. Toutefois, les démarches pour l’obtenir sont différentes en fonction de votre situation. Par exemple, si vous êtes chômeur, vous devez informer Pôle Emploi de votre demande. En effet, vous ne pouvez pas cumuler vos indemnités Pôle Emploi avec votre allocation de proche aidant.

Quel impact sur la carrière et sur la retraite ?

Le maintien de l'emploi est garanti après le congé de proche aidant, même si ce dernier est pris dès l'arrivée dans l'entreprise ou en fin de carrière. À l'issue du congé, le salarié conserve son ancienneté, son salaire ainsi que tous les avantages dont il bénéficiait avant la prise de congé.

 

L'impact du congé sur la carrière est donc très limité. À son retour, le salarié bénéficie d'un entretien personnel individuel, qui lui permet de se mettre à jour sur les éventuelles évolutions de son poste. Une disposition particulière indispensable pour entreprendre le retour sereinement.

 

Par ailleurs, un salarié en congé proche aidant est automatiquement affilié à l'assurance vieillesse du régime général. Il continue donc de cotiser pour la retraite durant son congé rémunéré, et ce sans avoir à verser de cotisations.

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