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À quels défis répond le développement de l’e-santé ? DR

À quels défis répond le développement de l’e-santé ?

Vieillissement de la population, dépendance, démographie médicale ou rôle du patient dans le système de soins… Le gouvernement comme les experts du secteur attendent beaucoup de l’e-santé sur ces problématiques.

Le vieillissement de la population 

En France, une personne sur 4 est âgée d’au moins 60 ans. Parmi elles, nombreuses sont celles qui éprouvent des difficultés à se déplacer ou qui sont dépendantes. La e-santé « apparaît de plus en plus comme une solution pertinente pour répondre » à ce défi, estime l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).  

La téléconsultation peut notamment être mobilisée. Ainsi une téléconsultation sur quatre est réalisée pour des patients qui « se déplacent avec peine », et une sur cinq a lieu alors que le patient est hospitalisé ou hébergé en Ehpad, souligne une étude Odoxa commandée par l’Agence du numérique en santé en janvier 2020. 

Cependant cette partie de la population peut souffrir de la fracture numérique, l’empêchant de profiter des possibilités de l’e-santé. Dans ce cas, la présence d’un infirmier ou d’un pharmacien peut être utile.  

 

Les déserts médicaux 

L’utilisation du numérique est l’un des outils du gouvernement pour lutter contre la désertification médicale. Dans sa stratégie « Ma santé 2022 », le déploiement de la télémédecine et des télésoins est ainsi sollicité « pour une prise en charge à distance ».  

Un avantage dont les médecins se sont saisis : dans un cas sur deux, ils ont utilisé la téléconsultation car le patient habite loin du cabinet, constate l’étude Odoxa.  

Cependant l’Observatoire régional de santé de l’Île-de-France souligne que la « résorption » des déserts médicaux est « d’abord conditionnée par les enjeux de la fracture numérique ». Prudent, il précise que ce sont les personnes au « statut socioéconomique élevé » qui adoptent la télémédecine et retirent d’abord « des bénéfices de l’e-santé », et constate que l’e-santé pourrait « générer de nouvelles inégalités sociales de santé ».  

 

Une meilleure coopération entre soignants 

S’appuyer sur le numérique peut aussi « améliorer les organisations » en santé, souligne le gouvernement. À l’échelle du système tout d’abord, en contribuant au décloisonnement des « secteurs sanitaire et médico-social, hospitalier et ambulatoire, médical et paramédical », précise l’Irdes.  

Au niveau des soignants ensuite, puisque les possibilités de coopération sont renforcées avec la téléexpertise, la téléconsultation assistée par un infirmier ou l’émergence du dossier médical partagé.  

« L’e-santé ouvre des possibilités de partage d’information que les professionnels de santé n’ont jamais connues et touche aussi bien l’accès à une expertise que la pratique des soins », explique l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France. « Cela implique la mise en place de nouvelles organisations, dans une logique plus intégrée », poursuit-il.  

 

Un autre rôle pour le patient 

Les applications numériques dans le champ de la santé doivent notamment permettre aux usagers d’être « acteurs de leur santé », détaillent les pouvoirs publics.  

L’Irdes estime en particulier que la télésanté, l’une des applications de l’e-santé « permettra de replacer l’usager au cœur du dispositif et de répondre à la volonté d’autonomie, désormais reconnue comme un droit des malades ».   

La relation entre patient et médecin pourrait alors devenir plus collaborative, le premier développant une « expertise » dans la gestion de sa maladie. Il peut y être aidé par de nombreuses applications qui existent désormais pour gérer les maladies chroniques, telles que DiabetoPartner pour gérer son diabète, ou Covidiab, adaptée à la période de pandémie du Covid-19. Le Groupe AG2R LA MONDIALE propose ainsi un kiosque d’applications de santé labellisées.  

 

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