L’entreprise, un acteur clé du bien-être et du lien social

Derrière une situation globalement positive se dessine le portrait d’un monde professionnel qui poursuit sa mutation. Dans une société qui a plus que jamais besoin de relier les Français, l’entreprise apparaît comme un acteur essentiel du lien social. Dans un monde du travail toujours plus connecté, plus flexible et plus exigeant, ce baromètre fait ressortir neuf grands enjeux liés aux conditions de travail, au statut professionnel ou encore à la situation d’aidant de certains salariés qui accompagnent, de manière régulière ou fréquente, un proche en situation de handicap, de perte d’autonomie ou de maladie invalidante.

Mieux accompagner les salariés en difficulté

Le travail demeure très largement un espace protecteur : 89 % des actifs se disent en bonne santé physique et 86 % d’entre eux en bonne santé mentale. De plus, 6 actifs sur 10 indiquent se sentir reconnus. Néanmoins, pour un tiers de la population active, le travail pèse négativement sur la santé physique (34 %) et mentale (35 %). Parmi ceux-ci, respectivement 5 % et 7 % déclarent que le travail a un impact « très négatif » sur leur santé ; ce phénomène étant souvent lié à des contextes personnels et professionnels (taille de l’entreprise, possibilité de télétravail, statut managérial, parentalité, etc.). Dans ce contexte, la moitié des actifs salariés (48 %) indiquent que leur entreprise met en place des actions de prévention et d’accompagnement pour les collaborateurs en difficulté. Celles-ci concernent en premier lieu les postures et l’aménagement du poste de travail (50 %), les possibilités de télétravail ou d’aménagement d’horaires (42 %) ou encore la mise en place de dispositifs de prévention de santé physique ou psychique (38 %).

Lire notre article

Maintenir le lien social dans une société où le télétravail se généralise

7 télétravailleurs sur 10 ont été des acteurs dans la mise en place de leur télétravail, une démarche qui fait l’objet d’une organisation réfléchie et mise en place avec l’entreprise. À l’heure où l’héritage de la crise Covid-19 est questionné, le baromètre affiche un constat clair pour les répondants en ce qui concerne le télétravail :

  • il permet de diminuer le stress pour 43 % d’entre eux ;
  • il contribue à une meilleure santé mentale (76 % contre 55 % des non-télétravailleurs) et physique (75 % contre 54 % des non-télétravailleurs) ;
  • il offre une équilibre vie pro/vie perso renforcé (82 % contre 63 % des non-télétravailleurs).

Cependant, la dynamique du lien social est questionnée. En effet, 30 % des télétravailleurs et 44 % de ceux ne le pratiquant pas, identifient le télétravail comme un facteur de détérioration du lien social avec leurs collègues. Face à la généralisation du télétravail, l’entreprise demeure un lieu de socialisation, voire un rempart contre l’isolement.

Lire notre article

Le statut d’aidant : une réalité encore invisible au travail

Un actif sur trois est aidant aujourd’hui en France. Dans une société qui doit répondre au défi des quatre générations, la population d’aidants ne devrait cesser de croître. Bien que les femmes, et en particulier les mères, tendent à être celles qui portent davantage cette charge en cumulant les responsabilités professionnelles et personnelles, elles attribuent au travail un rôle positif sur leur santé physique (57 %) et mentale (56 %). D’une manière générale, deux aidants sur trois (67 %) admettent éprouver des difficultés à concilier leur vie professionnelle et leur rôle d’aidant. Il convient de noter que 44 % des aidants n’informent pas leur entreprise de leur situation personnelle. Parmi les raisons évoquées, le souhait de maintenir une frontière vie privée – vie professionnelle reste majoritaire (31 %). Parmi les répondants, 57 % déclarent que leur entreprise propose des dispositifs pour les accompagner (aménagement des horaires, soutien psychologique, etc.), concourant ainsi à briser les tabous. Seulement 20 % des aidants interrogés indiquent en avoir bénéficié.

Lire notre article

Protéger le droit à la déconnexion

Si un tiers des actifs ne se reconnectent jamais en dehors des heures de travail, un actif sur deux consulte régulièrement ses outils professionnels après le travail, et jusqu’à plusieurs fois par semaine pour 28 % des hyperconnectés. Cette pratique concerne davantage les catégories socio-professionnelles supérieures (62 %) et les managers (66 %) qui y voient un gain de liberté. 53 % des sondés pensent que leur entreprise ne propose aucun dispositif d’accompagnement pour les collaborateurs confrontés à l’hyperconnexion (ou souffrant d’addictions). Dans les entreprises qui en proposent, 19 % déclarent ne pas en avoir bénéficié à ce jour et 6 % n’osent pas en faire la demande.

Lire notre article

Trouver des réponses durables à la gestion du stress

Pour 60 % des actifs, les journées de travail génèrent du stress, notamment pour les plus fragiles, et 14 % des répondants qualifient celui-ci de chronique. Trois grands profils se dégagent pour y faire face :

  • Il y a ceux qui prennent soin d’eux : 39 % font du sport, 35 % prennent du temps pour eux, 33 % passent du temps avec leur famille ou leurs amis ;
  • D’autres adoptent en revanche des réflexes de compensation « toxiques » : 24 % grignotent et se suralimentent, 22 % dorment moins, 19 % passent plus de temps sur les écrans et 18 % consomment des stimulants ;
  • Enfin, seule une minorité tend à adopter des comportements à risque : 9 % déclarent s’automédicamenter et 7 % augmentent leur consommation d’alcool. Cependant, il est à noter que la pratique du télétravail a un impact bénéfique puisque 43 % des télétravailleurs estiment que leur niveau de stress a diminué.

Lire notre article

Sport et prévention : des outils pour améliorer la santé au travail

7 actifs sur 10 pratiquent une activité physique hebdomadaire. Une entreprise sur trois la promeut auprès de ses collaborateurs en proposant des dispositifs dédiés. À noter que seuls 17 % des répondants déclarent y avoir déjà eu recours. De même, la sensibilisation aux gestes et postures visant à limiter les troubles musculosquelettiques progresse mais reste trop souvent superficielle. En effet, si 7 actifs sur 10 y sont sensibilisés, seuls 22 % se déclarent « tout à fait » sensibilisés et 9 % ne le sont pas du tout.

Lire notre article

Encourager la reconnaissance au travail, facteur relationnel moteur de bien-être et de motivation

60 % des actifs se sentent reconnus, renforçant ainsi leur motivation et leur sentiment d’utilité au sein de l’entreprise, facteurs majeurs de bien-être. Cependant, les femmes avec enfants (56 %), les non-managers (50 %) et les employés de grandes entreprises (54 %) ne se sentent pas suffisamment reconnus à leur juste valeur. À l’inverse, les télétravailleurs (68 %) et les managers (69 %) affichent un sentiment de reconnaissance renforcé, probablement moteur d’engagement et a minima facteur de bonne santé mentale.

Lire notre article

Envisager de nouveaux critères de réussite

Le bien-être au travail passe davantage par le ressenti personnel que par les perspectives professionnelles pures. Les actifs sont davantage motivés et épanouis dans leur travail grâce à des critères liés au ressenti personnel : l’autonomie (39 %), l’ambiance et les relations avec les collègues (38 %), le bon équilibre vie pro/vie perso (36 %), la reconnaissance au travail (29 %) et le sentiment d’être utile (28 %). Les éléments liés à la carrière professionnelle arrivent en dernière position du classement : perspective d’évolution ou mobilité (10 %) et possibilités d’apprentissages ou développement des compétences (9 %).

Lire notre article

Recourir à l’IA pour mieux vivre son travail ?

L’intelligence artificielle entre peu à peu dans les usages professionnels. Si 12 % des sondés déclarent l’utiliser au quotidien et 34 % occasionnellement, les populations les plus soumises à l’hyperconnexion y ont davantage recours pour gagner en efficacité et en temps : les aidants (63 %), les managers (62 %), les femmes aidantes avec enfants (54 %) et les catégories socioprofessionnelles supérieures (54 %). Si un actif sur deux n’en fait pas l’usage dans un cadre professionnel, les collaborateurs des petites (50 %) et moyennes entreprises (49 %) sont davantage enclins à l’utiliser. En intégrant l’IA dans le quotidien de travail des collaborateurs, l’entreprise contribue à préparer l’avenir : 48 % des actifs s’accordent sur le fait qu’elle pourra être de nature à améliorer le bien-être au travail dans les 5 ans à venir. 71 % des utilisateurs réguliers en sont même convaincus. Cette pratique renforce ainsi le rôle de l’entreprise, comme un acteur social responsable, qui place l’humain au coeur de sa performance.

Lire notre article

Interview

Itw_Philippe Dabat.jpg  Itw_Assael Adary.jpg
Philippe Dabat
(Directeur général adjoint d’AG2R LA MONDIALE) et Assaël Adary (Président du cabinet d’études Occurrence) commentent les résultats du Baromètre AG2R LA MONDIALE sur la santé au travail.

Quels principaux enseignements délivrent selon vous cette enquête ?

Philippe Dabat
 : Notre baromètre de la santé au travail dessine le panorama d’un monde professionnel contrasté et en pleine mutation, en même temps qu’il trace le portrait de l’état de santé physique et psychologique des actifs, de leurs fragilités et de leurs attentes. Dans un monde du travail toujours plus connecté, flexible et exigeant, l’étude fait ressortir neuf grands enjeux liés aux conditions de travail. Elle confirme par exemple que le télétravail demeure un levier indéniable de bien-être, en permettant notamment un meilleur équilibre entre vie personnelle et professionnelle. Mais dans le même temps, l’hyperconnexion d’une partie des actifs alimente leur niveau de stress, fragilise leur santé mentale et physique. Le baromètre nous apprend aussi que la reconnaissance reste un levier essentiel d’engagement des collaborateurs, la valorisation des efforts et des réussites contribuant activement à leur bien-être. Le sujet de l’aidance enfin, avec l’allongement de l’espérance de vie et la multiplication des situations de dépendance, devient aujourd’hui stratégique pour les entreprises. Mais ces éléments ne doivent pas occulter un phénomène dont la croissance inquiète : l’absentéisme, qui est aujourd’hui à un niveau plus élevé qu’avant la période COVID (5,1 % en 2024 contre 4,1 % en 2019). On observe en parallèle une hausse significative des arrêts de longue durée de plus de trois mois. Tous ces sujets constituent autant d’enjeux structurants auxquels les employeurs devront désormais faire face. En tant que groupe de protection sociale de référence, nous sommes aux avant-postes de ces transformations, auprès des entreprises et des salariés que nous accompagnons au quotidien. Agir sur ces déséquilibres, c’est transformer le lieu de travail en un véritable espace d’épanouissement. Ce baromètre met ainsi en évidence un enjeu d’équité : garantir que chacun puisse accéder à des dispositifs de prévention, de soutien et de reconnaissance adaptés à sa réalité.

Assaël Adary : Cette étude repose sur un échantillon très robuste : 2 700 répondants actifs français, ce qui confère aux résultats beaucoup de fiabilité. Son principal enseignement, c’est, comme Philippe Dabat l’a souligné, que les actifs français déclarent globalement aller bien. Mais, plus intéressant, ils nous précisent que l’entreprise et leur vie de salarié ont un impact positif sur leur bien-être, puisqu’ils sont plus de la moitié à nous le dire et seulement un tiers à penser l’inverse. L’étude identifie plusieurs facteurs qui expliquent cet impact positif ou négatif sur les salariés : le télétravail, l’intelligence artificielle, l’hyperconnexion… Elle permet en plus d’identifier des populations qui sont en fragilité. Tout ceci additionné permet de dresser une feuille de route intéressante pour améliorer la situation.

Comment a été conduite l’enquête

Le baromètre « Santé au travail » a été réalisé par AG2R LA MONDIALE et le cabinet d’études Occurrence (groupe Ifop) sur un échantillon de 2 704 Français actifs, entre les 2 et 12 juin derniers. Le questionnaire se composait de 42 questions (dont deux ouvertes). L’échantillon a été redressé pour donner son poids réel à la région Île-de-France, qui représente à elle seule 20 % de la population active en France (les autres régions représentant chacune 10 % du total). L’enquête a été menée à parité des deux sexes. Les plus de 51 ans représentent 34 % des répondants, les moins de 31 ans 14 %. 60 % des répondants ont un ou deux enfants, 27 % est sans enfant.

Enquete_resultats.jpg