Mieux comprendre une santé qui conditionne la vie professionnelle

La santé des femmes ne se résume pas à un sujet médical ponctuel. Elle s’inscrit dans un continuum, de la puberté à la ménopause, marqué par des facteurs hormonaux, gynécologique, reproductifs et psychiques. Règles douloureuses, contraception, désir d’enfant, grossesse, périménopause(1) ou ménopause sont autant d’étapes qui influencent directement la santé globale. À ces facteurs biologiques s’ajoutent des dimensions comportementales et sociales : charge mentale élevée, cumul des rôles familiaux, exposition aux violences ou au harcèlement, sédentarité… Autant d’éléments susceptibles d’avoir un impact sur la vie professionnelle. C’est pour mieux comprendre cette réalité que les pôles professionnels d’AG2R LA MONDIALE ont conduit une enquête nationale inédite sur la santé des femmes dans plusieurs secteurs essentiels.

Douleurs chroniques et santé mentale : une interaction forte

Les résultats mettent en évidence une interaction marquée entre douleurs chroniques et troubles de la santé mentale. Parmi les femmes interrogées :

  • 18 % de femmes sont atteintes de fibromes(2)
  • 17 % de femmes sont atteintes d’endométriose(3)
  • 59 % des femmes ménopausées ou pré-ménopausées signalent des troubles dépressifs.

De manière plus globale, 43 % des femmes concernées par des douleurs chroniques rapportent également des symptômes dépressifs, illustrant l’enchaînement entre fatigue, douleur, stress et troubles du sommeil.

Santé gynécologique : un impact direct sur le travail

La santé gynécologique apparaît comme un facteur majeur d’impact sur la vie professionnelle. 83 % des femmes déclarent être gênées par leurs règles au travail. Pour 30 %, cette gêne est aggravée par l’absence de sanitaires adaptés ou par la difficulté d’accès à des protections périodiques. Trois ensembles de situations se distinguent particulièrement :

  • Dysménorrhées(4), endométriose, fibromes : douleurs, flux abondants et fatigue affectent la concentration, les capacités physiques et l’organisation du travail.
  • Santé reproductive (procréation médicalement assistée, grossesses arrêtées, post-partum) : 19 % des répondantes rencontrent des difficultés pour concilier rendez-vous médicaux et horaires de travail, dans des parcours souvent lourds sur les plans physique et émotionnel.
  • Périménopause et ménopause : 1 sur 2 femmes considère que ces périodes influencent directement leur travail. Troubles du sommeil, fatigue, difficultés de concentration ou bouffées de chaleur ont des répercussions professionnelles, alors que moins d’1 sur 4 femmes estime que ces troubles sont pris en compte dans son entreprise.

Santé mentale et travail : un phénomène d’accumulation

59 % des femmes établissent un lien entre leur santé mentale et leur activité professionnelle. L’enquête met en lumière un phénomène d’accumulation : charge domestique, monoparentalité, rôle d’aidante, douleurs chroniques, troubles hormonaux ou violences vécues. Le travail devient souvent le lieu où se manifestent et se concentrent ces contraintes. Par ailleurs, 70 % des femmes estiment que leurs douleurs sont liées à leur activité, confirmant l’interaction entre douleur physique, stress, fatigue et troubles du sommeil, avec des effets directs sur la continuité du travail et le bien-être.

Managers et dialogue : un levier encore insuffisant

L’étude souligne un décalage important entre les besoins exprimés et les pratiques existantes. Seules 22 % des femmes se sentent à l’aise pour évoquer des sujets de santé féminine au travail. La formation des managers à ces questions est l’une des mesures les plus demandées par les répondantes, bien au-delà de ce qui existe aujourd’hui. Une attente ressort clairement : pouvoir parler de sa santé sans crainte de stigmatisation, de banalisation ou de remise en cause professionnelle.

Des situations de vulnérabilité identifiées

Certains contextes accroissent significativement les risques pour la santé mentale. 27 % des femmes ayant subi harcèlement ou violences physiques ou mentales cumulent plusieurs symptômes dépressifs. 29 % des mères seules et des aidantes se trouvent dans la même situation. Ces données confirment l’importance de prendre en compte les déterminants sociaux et personnels de la santé.

Continuer à travailler, mais dans de meilleures conditions

Un point commun traverse l’ensemble des réponses : les femmes souhaitent continuer à travailler. Elles n’expriment pas une demande de retrait de l’activité professionnelle, mais formulent des attentes claires : des ajustements organisationnels simples, un dialogue ouvert ainsi qu’une meilleure compréhension de leurs besoins de santé.

Santé des femmes et culture d’entreprise

1 sur 3 femmes a déjà expliqué à son employeur les raisons de santé à l’origine d’un changement professionnel. 22 % seulement se sentent à l’aise pour parler de problèmes de santé spécifiques aux femmes. Moins d’1 sur 4 femmes considère que son entreprise s’adapte à ces problématiques, sans différence notable selon l’âge de la personne ou la taille de la structure.

Une participation massive et un profil marqué

Réalisée entre février et avril 2025, l’enquête des pôles professionnels d’AG2R LA MONDIALE sur la santé des femmes vise à mieux connaître les attentes et les besoins en santé des assurées travaillant dans trois pôles professionnels : les métiers de l’Alimentaire, l’Économie sociale et solidaire, la Coiffure. L’objectif est double : obtenir une vision fine et concrète de la santé réelle des femmes ; tenir compte de la diversité des situations professionnelles selon les secteurs et les types de métiers. Les thématiques abordées couvrent l’ensemble des enjeux identifiés comme prioritaires : santé gynécologique, santé mentale, douleurs chroniques, habitudes de vie, maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires…). L’enquête a recueilli 7 879 réponses, traduisant un fort engagement de nos assurées.

Les données recueillies révèlent par ailleurs des besoins spécifiques en santé :
- 84 % ont plus de 36 ans,
- plus de 60 % sont en périménopause,
- 27 % sont en situation d’obésité (contre 17 % dans la population générale),
- 15 % ont un risque élevé de diabète de type 2 à 10 ans,
- 20 % sont mères isolées,
- 21 % sont aidantes. Ces éléments confirment la nécessité d’approches de prévention et d’accompagnement adaptées aux réalités professionnelles et personnelles des femmes.

La parole à nos partenaires :

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Juliette Mauro, Directrice générale de My S Life (plateforme d’accompagnement dédiée à la santé des femmes)
« Les études montrent que lorsque les femmes peuvent parler de leur pathologie chronique au travail, leur qualité de vie professionnelle s’améliore significativement - en particulier lorsqu’il s’agit de sujets gynécologiques et hormonaux. Cet impact est encore plus fort pour des thématiques longtemps restées invisibles en prévention, comme la périménopause, la ménopause ou les violences sexistes et sexuelles. Créer des espaces de dialogue et de reconnaissance est une première étape essentielle pour agir durablement sur la santé des femmes au travail. C’est dans cette logique que l’application My S Life, que nous avons créée, accompagne les employeurs en proposant des actions de prévention dédiées à la santé des femmes ».
 

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Pascal Gillet, Président de Medialane (société de services spécialisée en santé)
« La ménopause est une étape physiologique naturelle dans la vie d’une femme, mais ce n’est pas un simple bouleversement hormonal. On sait aujourd’hui que cette période s’accompagne aussi d’une augmentation spécifique du risque cardiovasculaire et métabolique, alors que ce risque est déjà majoré par l’âge ! Avec nos infirmières, nous proposons aux femmes un soutien motivationnel pour les aider à adopter un comportement favorable à leur santé : alimentation, activité physique, sommeil et stress ».

 

L’accompagnement d’AG2R LA MONDIALE

Le Groupe AG2R LA MONDIALE et les pôles professionnels ont défini trois actions prioritaires en lien avec la santé des femmes. Elles seront déployées au cours de l’année 2026 auprès des entreprises et des salariés des trois secteurs. Ces trois actions concernent :
- la prévention des risques des femmes de 40 à 55 ans en lien avec les maladies cardio-métaboliques et la périménopause ;
- la fourniture d’outils aux encadrant(e)s pour mieux accompagner leurs équipes ;
- l’information, l’évaluation et le soutien des salariées face aux violences sexistes et sexuelles.

 

(1) Phase de transition avant et après la ménopause, pouvant durer plusieurs années.
(2) Tumeurs bénignes développées à partir du muscle de l’utérus.
(3) Maladie chronique qui provoque douleurs intenses pendant les menstruations, saignements menstruels abondants, douleurs pelviennes chroniques, ballonnements, nausées voire infertilité.
(4) Menstruation difficile et douloureuse.