Une prise en charge plus équitable des prothèses capillaires

Depuis le 1er janvier 2026, la prise en charge des prothèses capillaires (perruques médicales) a été renforcée dans le cadre du dispositif 100 % santé. Objectif : améliorer l’accompagnement des patients ou patient(e)s, adultes comme enfants, confronté(e)s à une perte de cheveux, temporaire ou définitive, partielle ou totale, liée à une maladie ou à son traitement — notamment la chimiothérapie.

Les prothèses capillaires sont désormais réparties en quatre catégories, selon leur composition et leur niveau de qualité. Les prothèses de classe 1 — en fibres synthétiques, avec une surface d’implantation manuelle d’au moins 30 cm² — sont déjà intégralement prises en charge, leur prix étant plafonné à 350 €, soit la base de remboursement de l’Assurance maladie.

Les prothèses de classe 2 — au moins 30 % de cheveux naturels ou en fibres synthétiques avec une surface implantée manuellement supérieure à 100 cm² — ne peuvent dépasser un prix limite de vente de 700 €. Elles sont désormais remboursées en totalité par l’Assurance maladie et par la complémentaire santé du patient, dans le cadre du panier 100 % santé et d’un contrat dit « responsable » (voir ci-dessous).
 

Qu’est-ce qu’un contrat responsable ?
Il s’agit d’un contrat de complémentaire santé qui respecte un cahier des charges fixé par la loi, afin de favoriser l’accès aux soins et maîtriser les dépenses de santé : respect du parcours de soins coordonné, planchers et plafonds de remboursement, encadrement des dépassements d’honoraires, intégration des garanties du dispositif 100 % santé… Lorsqu’il est mis en place au sein d’une entreprise (contrat collectif obligatoire), il ouvre droit à des avantages sociaux et fiscaux, pour l’employeur comme pour le salarié. En 2024, selon la Drees(1), 96,5 % des contrats de complémentaire santé étaient responsables.


Les prothèses de classe 3 — au moins 50 % de cheveux naturels — voient leur prix plafonné à 1 000 €. Elles bénéficient d’un encadrement du reste à charge — alors que les patients devaient auparavant payer l’intégralité du coût. Les prothèses de classe 4 — implantation intégrale de cheveux naturels —, à tarif libre, sont quant à elles dorénavant partiellement remboursées par l’Assurance maladie. Le montant restant à la charge de l’assuré dépend des garanties prévues par son contrat de complémentaire santé. L’Assurance maladie prend également en charge trois accessoires capillaires par an (couronne de cheveux, accessoire textile…) à hauteur de 20 € par accessoire.

Pour en bénéficier, une prescription médicale — renouvelable tous les douze mois — est requise. Elle peut être établie par un dermatologue ou par tout médecin, dans le cadre d’un parcours de soins coordonné en oncologie. Il convient ensuite de s’adresser à un distributeur spécialisé, agréé par l’Assurance maladie.

En facilitant l’accès à des prothèses de meilleure qualité, plus confortables et plus esthétiques, cette mesure vise à améliorer la qualité de vie des patients, préserver leur estime de soi et leur vie sociale, et favoriser leur réintégration professionnelle, tout en réduisant les inégalités dans le parcours de soins.

Un remboursement intégral des fauteuils roulants et des démarches simplifiées

Le 1er décembre 2025, une autre évolution règlementaire majeure est venue élargir le dispositif 100 % santé : la prise en charge intégrale par l’Assurance maladie de tous les fauteuils roulants, qu’ils soient manuels ou électriques, standards, modulaires, spécifiques ou sportifs.

Cette réforme marque une avancée sociale significative. Elle garantit un droit réel et effectif à la mobilité pour les personnes en situation de handicap ou en perte d’autonomie, en mettant fin aux restes à charge qui pesaient sur les patients, mais aussi en simplifiant le parcours de prescription.
 

Plus d’un million d’usagers concernés
Selon le ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, environ 1,1 million de personnes utilisent un fauteuil roulant au quotidien pour compenser une limitation de leur mobilité. Chaque année, près de 150 000 personnes acquièrent un équipement et environ 500 000 usagers temporaires en louent un — principalement dans le cadre d’une rééducation après une opération ou une blessure.


Avant le 1er décembre 2025, les remboursements de l’Assurance maladie étaient le plus souvent partiels. Les patients devaient alors solliciter plusieurs financeurs — complémentaires santé, maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), collectivités territoriales… —, ce qui engendrait des démarches complexes et des délais pouvant atteindre 18 mois.

Un guichet unique a ainsi été instauré. Dès lors qu’un fauteuil roulant est prescrit par un professionnel de santé habilité — médecin ou ergothérapeute —, l’Assurance maladie est désormais l’interlocuteur unique pour la demande de prise en charge, qu’il s’agisse d’un achat ou d’une location, de courte ou de longue durée. Cette organisation permet une mise à disposition plus rapide : quinze jours au maximum pour les modèles les plus courants, et jusqu’à deux mois pour ceux répondant à des besoins très spécifiques (sur devis).

L’équipement est directement facturé à l’Assurance maladie par le distributeur ou le pharmacien, sans avance de frais pour l’usager lorsque le tiers payant est pratiqué. La réforme encourage par ailleurs le réemploi, en mettant en place un système de reconditionnement et en permettant le remboursement des fauteuils ainsi remis en bon état d’usage.

Le zéro reste à charge déjà applicable en optique, dentaire et audiologie

Lancée progressivement à partir de 2019, la réforme 100 % santé est pleinement effective depuis le 1er janvier 2021. Elle repose sur un principe simple : permettre un accès sans reste à charge à certains soins et équipements essentiels en optique, en dentaire et en audiologie. Son objectif : lutter contre le renoncement aux soins, particulièrement élevé pour ces trois postes de dépenses, en garantissant une offre de qualité accessible à tous les assurés.

Pour cela, des paniers de soins ont été définis dans chacun de ces domaines, avec des niveaux de qualité règlementés et des prix encadrés. Si l’assuré choisit un équipement relevant de ces offres, l’Assurance maladie et sa complémentaire santé responsable prennent en charge l’intégralité de son coût. Il reste toutefois possible d’opter pour des équipements hors panier, auquel cas un reste à charge peut s’appliquer. Quel que soit son choix, le professionnel de santé est tenu de lui présenter un devis détaillé faisant apparaître les actes et tarifs relevant de l’offre 100 % santé.

En optique, celle-ci comprend au minimum 17 modèles adultes et 10 modèles enfants, déclinés en deux coloris, ainsi que des verres répondant à des critères techniques précis (amincissement, traitements antireflet et antirayures, etc.). En dentaire, le dispositif couvre plusieurs types de couronnes, bridges et prothèses amovibles (dentiers), réalisés dans des matériaux dont la qualité esthétique et fonctionnelle varie selon la localisation de la dent. Enfin, en audiologie, la gamme 100 % santé concerne les aides auditives de classe 1 (contour d’oreille classique, contour à écouteur déporté ou intra-auriculaire), qui doivent être dotées de fonctionnalités minimales (douze canaux de réglage, système antiacouphène, réducteur de bruit du vent, etc.).

 

(1) Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees).