Vieillir « chez soi », un désir universel
En 2050, selon l’Insee(1), plus d’un Français sur trois aura plus de 60 ans. Parmi les immenses défis qu’elle soulève, cette « révolution silencieuse » oblige à repenser la manière d’habiter à mesure que l’on avance en âge. Tout en tenant compte d’une aspiration partagée par le plus grand nombre : celle de pouvoir vieillir « chez soi ».
Ce « chez soi » ne se confond pas nécessairement avec le logement occupé depuis des décennies. Il désigne avant tout un lieu choisi, où l’on conserve ses habitudes, son intimité, ses liens et la maîtrise de son quotidien. Et lorsque la mobilité diminue, que l’isolement s’installe ou que les besoins d’accompagnement augmentent, ce cadre de vie peut être appelé à changer.
Or, les réponses proposées aux seniors sont encore trop fréquemment présentées de façon binaire : vivre à domicile aussi longtemps que possible, puis rejoindre une structure spécialisée lorsque les difficultés deviennent importantes. Entre ces deux options existe pourtant toute une palette d’alternatives.
À chacun son parcours résidentiel
Car en la matière, il n’existe pas une seule façon de vieillir. Certains souhaitent rester au cœur de leur quartier, quand d’autres recherchent de la convivialité ; certains sont pleinement indépendants, tandis que d’autres requièrent une présence régulière ou des soins quotidiens. Ces attentes peuvent aussi évoluer avec le temps, tout comme celles de leurs proches.
Face à cette diversité de trajectoires, AG2R LA MONDIALE défend une conviction : tout senior doit pouvoir accéder à un éventail de solutions correspondant à ses envies, ses besoins et son degré d’autonomie, plutôt que se voir imposer un modèle unique. Notre mission consiste ainsi à soutenir l’accès à toutes les formes d’habitat, à informer et orienter, en déconstruisant certains clichés pour mieux faire connaître l’étendue des possibilités.
Pour notre Groupe, accompagner ce parcours « résidentiel », c’est permettre à chacun de préserver sa liberté de décision, tout en apportant un appui précieux aux familles et aux aidants. Car, quelle que soit sa nature, le « chez soi » doit rester synonyme de choix, de dignité et de vie.
Du domicile au lieu de vie médicalisé, des réponses éprouvées
Rester dans son logement demeure le souhait de neuf Français sur dix(2). Cette volonté peut être durablement préservée, à condition d’adapter son domicile à l’avancée en âge. Installation d’une douche de plain-pied, réorganisation des rangements, mise en place d’un éclairage nocturne : autant d’aménagements qui facilitent les gestes de la vie courante et réduisent les risques de chute. Des aides existent pour évaluer les travaux nécessaires et contribuer à leur financement.
À ces équipements peuvent aussi s’ajouter des services à la personne — aide au ménage et à la vie quotidienne, soins infirmiers, portage des repas, téléassistance… L’enjeu est de créer progressivement un environnement sécurisant, qui permette à l’occupant de conserver son indépendance dans un cadre familier, tout en rassurant ses proches.
Lorsque la perte d’autonomie progresse et que des soins réguliers deviennent indispensables, un lieu d’accueil médicalisé de type Ehpad peut offrir une réponse plus indiquée. Ces structures proposent un hébergement permanent, une assistance accessible jour et nuit, un suivi médical et paramédical ainsi que des activités destinées à entretenir les capacités et la vie sociale. L’entrée dans un établissement spécialisé gagne toutefois à être anticipée et préparée avec attention : visiter plusieurs structures, échanger avec les équipes et recueillir l’avis de résidents ou de leurs familles aide à mieux associer la personne concernée à la décision.
Des alternatives originales conjuguant autonomie et vie collective
Au-delà de ces solutions bien établies, d’autres modèles se développent. L’habitat partagé, qu’il prenne la forme d’une colocation ou d’un habitat participatif, parfois intergénérationnel, permet ainsi à plusieurs personnes de disposer d’un espace privatif tout en partageant des pièces communes et un projet de vie collective. C’est le cas de Marie, 76 ans, qui a choisi de quitter son appartement devenu trop silencieux pour s’installer dans une maison avec trois autres retraités, désireux comme elle d’être entourés sans renoncer à leur indépendance. « On se retrouve quand on en a envie. Et je sais que je peux compter sur les autres si j’en ai besoin, comme eux peuvent compter sur moi. C’est cette façon de vivre qui me plaît ! », se réjouit-elle.
Bernard, lui, a été séduit par le concept de résidence seniors, où il vit depuis deux ans. « J’organise mes journées comme je l’entends. Je peux recevoir ma famille, profiter du grand jardin ou participer aux cours de yoga. Je me sens vraiment chez moi », confie-t-il. Les résidences seniors (issues du secteur privé ou associatif) permettent, tout comme les résidences autonomie (qui relèvent du secteur médico-social), de concilier liberté et convivialité dans un cadre structuré. Les unes comme les autres proposent des appartements individuels équipés et adaptés, des espaces collectifs, des services à la carte et des loisirs, avec une équipe disponible en cas de besoin.
Des solutions innovantes lorsque l’autonomie diminue
Quand la dépendance s’installe, d’autres formules permettent de renforcer l’accompagnement sans entraîner de rupture. Jacqueline et ses proches ont ainsi opté pour l’accueil familial. Hébergée dans la maison d’une accueillante agréée et formée, qui y vit avec sa famille, l’octogénaire dispose d’une chambre personnelle, partage certains moments de la vie du foyer et bénéficie d’une présence continue, adaptée à ses besoins, dans un environnement stable et chaleureux.
Autre possibilité : l’Ehpad « hors les murs ». Ce dispositif récent permet à des personnes âgées dépendantes de continuer à vivre chez elles tout en bénéficiant des ressources d’un établissement médicalisé. Infirmiers, aides-soignants et autres professionnels de santé interviennent directement au domicile, dans le cadre d’une prise en charge coordonnée. Encore inégalement déployée sur le territoire, cette alternative contribue notamment à sécuriser les situations les plus complexes – sortie d’hospitalisation, personne âgée isolée… – et à soulager les aidants.
Choisir son habitat suppose donc de prendre en compte plusieurs dimensions : degré d’autonomie, budget, proximité des proches, environnement, services disponibles et, bien sûr, aspirations personnelles. S’informer suffisamment tôt permet d’explorer ces différentes voies avec davantage de sérénité. C’est là qu’un accompagnement personnalisé prend tout son sens : aider chacun à trouver, au bon moment, le lieu de vie qui lui ressemble.
Romain Tribalat, responsable du département Innovation Sociale Retraite de l'Action sociale d'AG2R LA MONDIALE
« Il est essentiel de briser les clichés et l'opposition simpliste entre domicile individuel et Ehpad pour les seniors. Nous devons leur redonner le choix d'un habitat adapté à leur situation et leur autonomie (résidence autonomie, béguinage, colocation, habitat inclusif, résidence services). L'objectif commun est de transformer ces logements en lieux sûrs, mais aussi en espaces de vie joyeux, propices aux rencontres et aux projets. »
Aller plus loin
Découvrez les nombreux services proposés par l’action sociale d’AG2R LA MONDIALE et ses partenaires pour vous aider à choisir un lieu de vie adapté à vos besoins ou celui de votre proche.
(1) Projections de population par grand groupe d’âge, Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), juin 2026.
(2) Étude sur l’adaptation du logement au vieillissement, réalisée par l’Ifop pour France Silver Eco, 2023.